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HELLFEST 2016 BY ROMAIN REAPER

HELLFEST 2016 BY ROMAIN REAPER

Reaper666

11 avril 2016

Pas de commentaire

Le Hellfest.

S’il existe un événement 2016 Metal incontournable, c’est bien évidemment celui la.
Fort de ses 11 ans d’activités, il s’est forgé une réputation incontournable comme un festival majeur européen, au meme titre que le Wacken ou le Graspop.
En effet, l’édition 2016 s’est vue rapidement Sold Out en quelques semaines, 2014 et 2015 ayant bénéficié du meme statut.
Et cette année, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands puisque ce sont des noms tels que les allemands de RAMMSTEIN, la derniere tournée de BLACK SABBATH ou les américains de TWISTED SISTERS qui poseront leurs valises en terres clissonaises.
En totalité, ce sont plus de 160 groupes de heavy, black, death, stoner, punk, doom et consorts qui feront le régal des festivaliers répartis sur les 6 scènes que nous connaissons bien.
Et pour votre plus grand plaisir, Actu Metal Toulouse couvrira l’ensemble des 3 jours, et ce depuis 2013.
On se voit en juin pour la grande fête de l’enfer.

Pour ceux que cela intéresse, revivez les éditions précédentes à travers les liens suivants :
Edition 2015Edition 2014Edition 2013

 

Line up 2016:


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REPORT:

 

JEUDI 16 JUIN : RETOUR EN TERRE PROMISE.

 

On peut dire ce que ce Hellfest sera plus que mémorable, à tous les niveaux mais surtout sur le plan personnel. Ayant attrapé une inflammation du nerf sciatique 3 jours avant, ma présence au festival semblait compromise.
Mais les événements prennent parfois une tournure fantastique, merci l’ostéopathie. Donc, départ de Toulouse, voyage sans encombre, pose des bracelets et montage de la tente puis petit tour au Metal Market et recharge de la Cashless.
Et quel bonheur de pouvoir enfin revoir ce magnifique Mainsquare avec ses boutiques, son portrait immense de Lemmy, son camion Quick et la cathédrale qui nous fait de l’œil au loin. Juste le fait d’être présent à cet endroit à ce moment là procure une sensation d’apaisement extrême et de bienfaisance, un sentiment inexplicable mais tellement agréable.
Nous voilà enfin en famille. Ma jambe semble tenir bon et les amis sont la, le reste importe peu. Au dodo.

 

VENDREDI 17 JUIN : LE THRASH DANS TOUTE SA SPLENDEUR.

 

La météo est de notre coté, pas de grand soleil mais une température agréable avec quelques averses dans la journée. Ce qui ne changera pas grand chose puisque je serais principalement sous les tentes aujourd’hui ou à l’abri au coin VIP. Un passage par le merch officiel obligatoire avant qu’il y ai trop de monde. Et c’est parti pour la première journée marathon.

WITCHES ouvre l’Altar pour cette journée placée sous le signe du Thrash. Le groupe d’Antibes sait nous chauffer comme il faut avec son thrash/death bien burné, mené de front par Sibylle Colin-Tocquaine, seule rescapée du Line-up d’origine et accessoirement sœur du frontman d’Agressor, Alex.
Comme en première partie de Vader il y a quelques mois, ça déroule velu, les blast beats sont nombreux et les riffs acérés. Cependant, le groupe joue devant un parterre bien éparse, du fait que le plan vigi-pirate provoque des queues interminables devant la cathédrale.
Bref, 30 minutes bien trop courtes pour se réveiller de cette journée qui sera bien remplie.

On se déplace légèrement vers la droite pour aller squatter la Temple pour voir d’autres français mais dans un thème plus black : MOONREICH. On sort le maquillage et les croix renversés en guise de lights.
Gros son, tremolo picking sur les cordes aigus, caisse claire qui va très vite et doté d’un son plus que correct : les franciliens ne sont pas pour enfiler les perles. Variant le trve et partie thrashisantes, on ne s’ennuie pas un seul instant. Un groupe à revoir en salle avec un set plus long pour en apprécier vraiment le contenu.

Retour sous l’Altar pour voir la relève du thrash allemand, les prodiges de Bavière : DUST BOLT. Soutenant leur 3e album Mass Confusion, il n’y vont pas par 4 chemins : c’est parti pour 30 minutes de thrash bien intense, sans temps morts avec une énergie impressionnante. Ah la jeunesse fougueuse.
Et enfin les premiers circle pit font leur apparition. Et il n’est que midi. Le groupe, heureux d’être la, tout sourire, nous envoie ses ultimes cartouches que sont Toxic Attack et surtout le rapide Agent Thrash, propice au headbang à te décrocher la nuque. Ils nous ont promis de revenir vite, on les attend de pied ferme.

On prend un petit moment pour se rassasier l’estomac puis on retourne se placer tranquille à l’Altar pour accueillir les californiens au look latino : SKELETAL REMAINS. La, c’est pas compliqué : si le groupe Death avait dû avoir un héritier, nul doute que ces derniers aurait eu la palme. Changements de rythmes soudains, solos endiablés, une voix copie conforme à Chuck Schuldiner, même guitare pour le chanteur : tous les ingrédients sont réunis.
Je revois encore mon bro Jérémy de l’émission Actual Metal, ultra fan de Death la bouche grande ouverte devant ce concert. Alors certes il n’y aucune originalité mais est ce la ce qu’on demande ? Le death old school a encore de beaux jours devant lui.

On enchaîne à la Temple pour les finlandais de BEHEXEN : le trve black par excellence. Les musiciens sont en place, le public bien présent. Malheureusement, c’est une bouillie sonore qui sort des colonnes d’enceintes où la double pédale règne en maître.
Et essayer de se placer un peu partout pour mieux apprécier ne change rien, même en se mettant au niveau de la console de son. Fort dommage, quand on sait que Marduk au même endroit 3 ans auparavant avait un son impérial. A revoir dans de meilleures conditions, en salle par exemple.

Retour à l’Altar, retour aux valeurs du thrash. Un des chefs de file de la résurgence des dernières années se présente à nous : HAVOK. Mike Leon s’étant fait débauché pour grossir les rangs de Max Cavalera auprès de Soulfly, c’est Nick Schiendzielos, qui officie également au sein de Job For A Cow Boy qui le remplace au pied levé. Et de belle manière, on voit de le groupe vient du death metal, quelle technique et quel groove.
Complété par la dynamite Pete Webber sur sa batterie, une véritable machine (pas mal de potes batteurs l’encense complètement), la section rythmique est imparable.
Pour le reste, la 7e vitesse est enclenchée. Les Unnatural Selection, Time Is Up ou Point Of No Return sont d’autant plus rapides que les circle-pit tournent et tournent encore pendant que les slameurs se font de plus en plus nombreux. Une vrai ambiance comme on les aime. Havok a mis les points sur les I et certains ont encore du mal à se relever de la tartine qu’ils viennent de prendre.

Première apparition sur l’une des Mainstages de cette journée et premier constat. Il y a du monde, beaucoup de monde. Trop de monde. J’essaye de me placer judicieusement pour voir les ANTHRAX mais rien à faire. Quand, en plus de ça, le son est vraiment pas top, même au bout de 3 morceaux (en tout cas, de la où j’étais placé), j’abandonne et préfère retourner me reposer au niveau de l’Altar.
De plus, je les reverrais en de bien meilleures conditions au Leyendas Del Rock, en Espagne, en août. Au final, je ne regrette pas mon choix puisque plusieurs personnes de mon entourage ont été déçues du show dû a une prestation en roue libre et une setlist pas terrible.

Car un monument du death metal se pointe à l’horizon : VADER. J’en profite donc pour me placer allègrement au premier rang. Les polonais nous avait offert un show un peu spécial, axé surtout sur les très vieux morceaux, lors de leur dernière tournée européenne. Un choix pas forcément judicieux qui nous avait laissé un chouia sur notre faim.
Qu’en est-il d’aujourd’hui ? Ben c’est le jour et la nuit. Enfin la guerre plutôt. Car c’est un véritable best of qui nous est proposé. Il y a une masse de monde sous la tente, qui se déchaîne des les premières notes de Wings. James Stewart (qui joue aussi dans Divine Chaos) derrière son kit maîtrise les blasts à la perfection, tirant la tête sur le coté, un peu à la manière de son comparse George Kolias. Pour le reste, c’est en mode rouleau compresseur, dévastant tout sur son passage.
Et la voix unique et rocailleuse de Peter est la pour prouver le reste. Les Triumph Of Death ou Reborn In Flames font bouger les cheveux dans tous les sens et l’ultime cartouche qu’est God Is Dead (Helleluyah) nous anéantis. Vader est venu et a tout détruit, vivement leur retour.

Quel plaisir de revoir le duo americano-colombien INQUISITION sur scène. Après les avoir vu à l’heure du goûter (17h30) lors de leur passage parisien en février dernier avec Behemoth, on avait hâte de les revoir. Et on a pas été déçu du voyage. Quelle puissance, même sans bassiste, quand on compare à Behexen avant, on est monté de 3 divisions d’un seul coup.
Et le taf est fait de manière magistrale. Dagon arpente la scène dans toute sa largeur, allant d’un micro à l’autre et crachant sa haine à l’aide de sa voix reconnaissable entre mille. Du black metal sans concession, un son plus que correct, un public calme et connaisseur, les 2 musiciens très charismatiques.
Bref sans doute un des meilleurs concert de la Temple de cette journée. La tournée avec Rotting Christ en novembre promet grandement.

Encore du thrash ? Ben oui, malheureux. Cette fois-ci, ce sont les vétérans de SACRED REICH qui montent sur les planches de l’Altar. Pendant que Hatebreed se défoule sur la Mainstage, les mecs de Phoenix emboîte le pas avec The American Way, titre repris récemment par mes chouchous de Kataklysm. Le public, pas très nombreux est quand même présent.
Troisième apparition au Hellfest en quelques années, c’est dire l’engouement du groupe de faire la scène, même si leur dernier album est sorti il y a facile une vingtaine d’année. Ça thrash sec, c’est rapide, furieux, pas de place pour s’amuser. Une super prestation ponctuée par la reprise War Pigs ainsi que leur tube qu’est Surf Nicaragua.
C’est pas parce qu’on vieillit qu’on peut pas continuer à prendre son pied. Sacred Reich nous l’a démontré ce soir.

Il commence à se faire faim et soif, ravitaillement puis on regarde la fin du show de Korpiklaani sur l’écran avant de se placer correctement pour voir un autre groupe de thrash qui a marqué aussi son époque : OVERKILL. Cinquième fois que je les vois et première fois en France, c’est dire si le groupe joue souvent dans le coin. Et à chaque fois le groupe a fourni une prestation remarquable, un sans faute.
Et ils remettent le couvert admirablement. Le son est fort mais très clair et on entend les instruments distinctement, comme quoi l’ingé-son est une pièce indispensable du puzzle. On s’attendait moins de monde du fait que Rammstein se prépare mais il n’en est rien. Le public est amassé à l’Altar, preuve que le groupe mérite sa place dans le panthéon du thrash américain. Les poutres se succèdent les une après les autres : Rotten To The Core, Hammered, Feel The Fire etc…
Blitz, le chanteur toujours aussi charismatique avec son cri aigu légendaire, fait toujours sa fameuse pose avec son pied de micro, la tête baissée et headbanguant jusqu’à la mort.
L’excellent Elimination et le motorheadien Fuck You terminent ce concert qui restera dans la mémoire des thrasheux, à coup sur.

Il se prépare à la Temple ce qui sera pour ma part le meilleur concert de ce vendredi. On repart en Norvège avec les AURA NOIR. Depuis qu’il ne fait plus parti d’Immortal, Apollyon peut se consacrer entièrement à son groupe où, en plus de faire vibrer sa 4 cordes, celui-ci hurle dans son micro. Un des fleurons du black thrash à l’ancienne est dans la place.
Imaginez Venom sous speed, tout simplement. Pas de nouveau disque depuis 2012 mais une présence active au niveau de la scène. Et ça va tabasser sec pendant 1 heure. Le bassiste donne la réplique à son guitariste Agressor, toujours accompagné de sa chaise depuis son accident il y a une dizaine d’années. Le show est réglé comme une horloge, les lights en adéquation avec les tempos et le son impeccable.
Les parties thrash et black metal se complètent à la perfection et on ne s’ennuie jamais. Un groupe que j’aimais beaucoup à la base mais qui encore monté de plusieurs crans dans mon estime. Hâte de les revoir vite.

Pas de Rammstein pour ma part : pas du tout ma came musicalement et trop de monde même si le show doit être spectaculaire et impressionnant avec toute cette pyrotechnie. Je préfère retourner voir un autre groupe qui m’a littéralement scotché l’an dernier à Barcelone avec Exodus : TESTAMENT. La bande à Chuck Billy est enfin la.
Démarrant d’entrée avec Over The Wall, la setlist sera exactement la même que pour la précédente tournée. Cependant, quel dommage que le son ne soit pas à la hauteur du concert en lui même : guitares qui disparaissent de temps à autres, batterie sur-mixée, chant absent régulièrement : quel dégoût quand on connaît la qualité du combo.
Et même avec Gene Hoglan au fûts et Steve Digiorgio à la basse, la pilule est dure à avaler. Ici encore c’est la machine à hits qui fait des siennes : Trial By Fire, Into The Pit et le formidable The Preacher… Disciple Of The Watch et The Formation Of Damnation clôturent ce concert qui aurait pu être parfait si le son avait été à la hauteur.

Histoire de marquer le coup et malgré la fatigue, je retrouve mon bro par hasard et on va jeter un coup d’œil à THE OFFSPRING. Là où le bât blesse, c’est qu’on se retrouve tous les deux à chanter presque toutes les chansons par cœur, car oui, j’ai acheté l’album Smash quand il est sorti en 1992 et suivi le groupe pendant pas mal d’années après avant de découvrir le metal extrême.
Nous voilà donc devant l’écran géant à bouger notre popotin sur les Why Don’t You Get A Job, Starring At The Sun ou Pretty Fly pendant bien 45 minutes. On aura eu du Poum-tchak rapide jusqu’à la fin. Et en regagnant la sortie, on s’arrête vite fait devant la Temple où ABBATH fait son carnage et envoie à ce moment là deux titres d’Immortal que sont Tyrants et One By One, headbang obligatoire.
Il est tard, demain va être hardcore et les yeux se ferment tout seuls. Bonne nuit.

 

SAMEDI 18 JUIN : SOUS LE SIGNE DU DEATH METAL.

 

En cette belle journée ensoleillée, on va pour une fois à la Mainstage voir le groupe de deathcore THY ART IS MURDER. La moyenne d’age vient de baisser considérablement. Les mécheux tatoués tout maigres se rassemblent dans le pit pour pratiquer leur sport favori : le mosh Karaté Dance Style, surtout pendant les breakdowns.

C’est marrant mais je les reverrais avec Carnifex dans quelques mois à la maison donc je vais voir les dernières minutes de UNDEAD PROPHECIES. Si j’avais su. En entendant de loin, on pourrait croire que Obituary est la. Du death old school excellent. Je m’approche de la scène et la je constate avec surprise que tous les musiciens sont habillés en soutane marron.
Bizarre mais pourtant ça colle. Les 2 derniers morceaux seront des tueries. Je vais me pencher sérieusement sur ce groupe une fois rentré.

Premier concert black metal de la journée : OTARGOS. Le dernier show produit à Toulouse en 2013 avec Anaal Nathrakh était un peu en dessous du potentiel du groupe. 3 ans plus tard, c’est carrément autre chose.
Beaucoup plus inspiré et plus carré aussi, les bordelais sont vraiment dans un bon jour. Blasts beats rapides, riffs tranchants, voix criarde et déchirante, Otargos confirme son statut de chef de file de la scène black française. Les 30 minutes allouées passent comme une lettre à la poste.

Passage rapido au stand de bouffe chercher le p’tit dej car besoin d’être bien en forme pour un des groupes que j’attends le plus aujourd’hui : MYRKUR. Gros sujet à controverses que ce groupe, sorti tout droit de l’underground après juste un seul Ep, suivi d’un album intitulé sobrement M, fabuleux pour ma part. Insulte pour le black metal d’un coté ou véritable génie dans son domaine ? Son jolie minois doit y être pour quelque chose. Personnellement, je n’en ai cure, je préfère me consacrer à sa musique, qui me fait voyager.
Son black metal atmosphérique avec ses superbes passages lyriques au chant sont justes magnifiques. Et elle arrive a reproduire sur scène cette magie, chose rare. Musicalement, le Line-up derrière elle assure avec Teloch de Mayhem à la guitare et un ancien de God Seed à la 4 cordes. Et quand les choses s’accélèrent, ça pique la où ça fait mal. Le black metal furieux prend le dessus.
Et le contraste énorme entre les deux univers prend vraiment aux tripes. J’ai eu l’impression que le concert venait juste de commencer que c’est déjà fini. Une demi heure, c’est vraiment trop court.

Nous accueillons un groupe qui vient rarement dans nos contrées : les suédois d’ENTRAILS. On revient au death school basique, celui de Grave ou Unleashed mais tellement entraînant quand celui-ci est bien exécuté. Ayant une forte activité scénique dans les années 90 mais dépourvue d’albums, ces derniers reviennent plus fort en 2008 et en ont sorti 4 en quelques années.
Musicalement , certes , il n’y a rien d’original mais le groupe a déjà un bon parcours et un background assez conséquent donc le live passe l’épreuve à l’aise. Ça headbangue sévère et ça tourne sans s’arrêter dans le pit. Un très bon concert.

Un groupe de Black Metal que j’aime beaucoup arrive enfin à la Temple : DARK FORTRESS. Peu de décor, lights assez sobres : le groupe se concentre sur sa musique a savoir du black assez rapide à certains moments mais qui sait être très mélodiques voire même symphoniques à d’autres.
Le mélange est équilibré et les parties plus lentes nous font headbanguer à l’unisson. V. Santura, le guitariste et compositeur principal mouline sa six cordes à grande vitesse, contrairement à Triptykon, dont le registre est beaucoup plus doom. Bref un super concert mais encore une fois bien trop court avec seulement 40 minutes allouées au groupe.

Vous voulez connaître les vrais valeurs du grind ? CATTLE DECAPITATION est fait pour vous. Prêcheurs de la parole vegan, quoi de mieux que de l’exprimer à travers de l’ultra violence ? Les pochettes de leurs albums peuvent en témoigner.
Les musicos sont remontés à bloc et ont une envie furieuse d’en découdre, Ca bouge dans tous les sens et l’envie est la. Malheureusement, tout le set sera entaché d’un son beaucoup trop brouillon, ne mettant en avant aucun instrument si ce n’est la batterie où la double pédale domine. Deuxième round au Leyendas Del Rock dans quelques semaines, en espérant un rendu bien meilleur.

Un peu de repos en ce milieu d’après midi s’impose pour mieux revenir en forme par la suite. Visiblement très attendu dans une Temple quasiment pleine, les FLESHGOD APOCALYPSE sont prêt à monter sur scène.
Mise en scène digne de la renaissance italienne, nouveaux beaux décors, musiciens délaissant les costards zombies pour se revêtir de tenues digne du XVIIe siècle : les petits plats sont mis dans les grands. Le son est un peu light au début avec la batterie de Francesco Paoli qui dépasse tout le monde, mais s’améliore nettement par la suite laissant transparaître toutes les mélodies symphoniques et même l’autre Francesco, au piano celui-ci. La diva est parfaitement intégrée maintenant, devenue même une pièce indispensable au groupe.
Son rôle est frappant lorsqu’elle s’amuse à jouer comme dans une pièce de théâtre avec le chanteur Tommaso Riccardi en répondant l’un l’autre sur le morceau Epilogue. Les points d’orgue de ce concert seront le classique The Forsaken, joué en dernier et surtout The Violation, chanté en chœur par tout le public en transe. Un des meilleurs concerts de ce festival. Surtout du premier rang.

Après cette déferlante orgasmique, un peu de détente devant les suédois d’ENTOMBED AD qu’on a déjà pu voir à maintes reprises. Comme à son habitude, il est à peine 17h30 et Petrov, le chanteur, est déjà fortement alcoolisé et crache ses glaires profondes a travers son nez où sa bouche, ce qui est assez dégueu quand on ne connaît pas le bonhomme.
Ce qui ne l’empêche pas tout de même de donner une prestation convaincante et hurler dans son micro avec sa voix si caractéristique. Pour le reste, les gars connaissent leur répertoire par cœur et le gras est mis l’honneur. Quelle efficacité. Et quand l’ultime ballade Left Hand Path est envoyé, le pit redouble d’intensité. Hâte de les revoir en novembre du coté d’Albi avec Voivod.

On reste au premier rang de l’Altar avec les copains pour revoir un groupe que j’attendais depuis 3 ans, tant ils avaient brillé au même endroit en 2013 : les bataves d’ASPHYX.
On parlait de gras juste auparavant ? Voila une double dose. La bande à Martin Van Drunen ne se fait pas attendre et attaque d’entrée par le morceau phare Vermin. Le rouleau compresseur en activé et il dévaste tout.
La rythmique est juste parfaite, que ce soit sur des riffs rapides comme Deathhammer ou plus lentes voire doom, briseur de nuques par excellence. La mienne se brisera à plusieurs reprises, surtout sur les Scorbutics et autres Death The Brutal Way, martelé par l’imposant Stefan Huskens, officiant aussi aux fûts dans Desaster. Le public ne se prive pas et les slameurs sont légions. Quant à Martin, il mouline ses cheveux sans arrêt comme s’il avait 20 ans et sa voix n’a pas bougé tel un John Tardy malgré les années.
Un grand monsieur. Voila La leçon de death old school que tout le monde aurait besoin, c’est chose faite. Une référence.

Ayant vu Moonsorrow il y a quelques temps en Alsace, je zappe et me concentre sur un autre pionnier du death metal grind : TERRORIZER. Pour les déçus de Morbid Angel, voilà qui va les rendre joyeux avec le retour de Pete Sandoval derrière sa batterie. Et le bougre n’a pas perdu de sa puissance et sa technique particulière, cheveux courts et casquette vissée sur la tête, c’est impressionnant et on comprend pourquoi il est tant respecté par ses pairs.
Le power trio ne se ménage pas, on mange une tartine de death bien brutal à la sauce floridienne. Peu de parlotte, on enchaîne les morceaux, nombreux, pas loin de la trentaine à mon avis, en même temps c’est du grind. A droite, c’est le guitariste de Monstrosity qui fait résonner sa Les Paul. Que dire à part que c’était la branlée abusive.

Le temps d’aller se chercher un godet et un peu de quoi se remplir le ventre et s’asseoir tranquillement devant l’écran géant pour regarder la fin de Primordial, qui donnera un show dantesque d’après mes amis, on leur donne raison vu que la Temple était plus que blindée. On fera de même pour Napalm Death avec un Barney complètement déjanté comme il le fait à chaque fois.
Étant de nature curieuse, je vais aussi voir de loin la fin du concert de TWISTED SISTER. Que de monde devant la Mainstage. J’arrive au bon moment puisque ceux-ci vont jouer Born To Raise Hell de Motorhead avec Phil Campbell en guest, un moment d’anthologie, ainsi que les tubes I Wanna Rock et We’re Not Gonna Take It. Un show typiquement à l’américaine.
Maintenant on a droit au traditionnel feu d’artifice du samedi soir, précédé par un mini documentaire sur Lemmy. Plus court que les précédents, il n’en demeure pas moins spectaculaire et les RIP LEMMY qui s’affichent dans le ciel avec du Motorhead en fond sonore nous fais presque avoir la larme à l’œil. S’en suit un speech émouvant de Phil Campbell de remerciements du festival, des fans etc.
On assiste aussi à la fin du concert du groupe de l’an dernier retransmit sur les écrans géants, laissant les gens chanter sur Killed By Death, Ace Of Spades et Overkill. Un moment épique qui laissera des souvenirs impérissables.

Quand on dit Black metal, on pense immédiatement à la Norvège, c’est un euphémisme. Pourtant, leurs voisins suédois ne sont pas en reste. Et DARK FUNERAL en est le plus fier représentant. Après le départ de Caligvla, on attendait tous au tournant le nouveau chanteur. Point de déception, celui-ci se débrouille vraiment à merveille et gère parfaitement les parties de son prédécesseur.
Décor sobre avec juste un backdrop aux couleurs de leur dernier album Where Shadows Forever Reign à l’artwork somptueux signé Necrolord. Cherchez sur le net, vous verrez que le monsieur a un CV que vous connaîtrez forcément. Musicalement, c’est quand même extrêmement bien foutu même si le tempo est rarement en dessous des 220 bpm mais lorsqu’il ralentit de temps en temps, sur des morceaux comme l’excellent My Funeral, c’est d’autant plus puissant avec quelques lignes mélodiques foutrement bien calées.
Le public connaisseur est bien présent malgré l’heure tardive et est admiratif devant un tel concert avec une technicité contemplative. Seul Lord Ahriman aura un léger problème avec son système sans fil sur le dernier morceau, à part ça on a assisté à un excellent concert de pur black metal. Ma jambe tient toujours bon mais la fatigue se sent après cette deuxième journée marathon. Au dodo.

 

DIMANCHE 19 JUIN : LA DIVERSITE DU METAL.

 

Après une bonne nuit de sommeil, on se prépare pour ce troisième jour qui va être un peu plus diversifié, pour une fois, puisqu’on va pas mal aller vers les Mainstages. Mais on commence par l’Altar avec nos frenchies de AGRESSOR. Pionniers du death/thrash à la française avec Loudblast depuis 1986-87, les sudistes n’ont cependant jamais abdiqué et fait toujours l’actu de la scène, même si aucun matériel neuf n’est sorti depuis 2006.
En tout cas, il n’ont pas perdu leur agressivité et ça poutre toujours autant. Il n’y a pas à dire, une bonne série de blasts à 11h du mat, c’est parfait pour se réveiller. Et quand c’est un grand monsieur du nom de Kevin Paradis (Svart Crown, Melechesh) qui tape, c’est encore mieux.

Un peu de crossover-thrash avec les copains de MUNICIPAL WASTE sur la Mainstage. En attendant les mecs sur scène, on peut apercevoir un bien beau backdrop avec Donald Trump se tien une balle dans la tête et répandre son sang partout. Le mode débile est activé : les zicos sautent dans tous les sens, le pit est devient un gros bordel sans nom et les titres s’enchaînent comme à l’usine.
Et ça joue vite, très vite, sur que des morceaux n’excèdent jamais les 2 minutes. Tellement vite que le groupe ne voit plus le temps passer, il en est de même pour nous. Sadistic Magician sera le dernier morceau joué puisqu’ils subiront une coupure de son juste avant Born To Party, du au dépassement de l’horaire.
Furieux, Tony Foresta jettera son micro par terre et quittera la scène d’un pas agacé. Dommage que ce concert finisse de cette façon.

On profitera de ce bel après midi pour prendre un peu de repos, avoir des dédicaces et finir les emplettes au Merch officiel et au Metal Market. On revient à l’Altar pour le set de BRODEQUIN.
Grandement actif au début des années 2000 le groupe splitta en 2008 mais se reformera en 2015. C’est donc un petit événement de pouvoir les voir puisque c’est leur premier concert en France. Plus de batterie dans le groupe mais remplacé par un pad. Et le diable s’en sort bien : jouer des blasts beats et de la double pédale juste avec le bout des doigt est énorme.
Ça peut paraître bizarre mais ça fonctionne. Musicalement, on se rapprocherait d’un Dying Fetus mais le son, franchement mauvais, ne permet pas d’apprécier correctement le concert. Pour une première, ça aurait pu être mieux.

Gojira joue sur la mainstage mais étant donné ce qui arrive par la suite, nous n’assisterons pas à leur prestation, qui a semblé être moyenne aux dires des spectateurs et, de plus, jouera très probablement dans nos contrées prochainement, vu que leur nouveau disque, Magma, vient de sortir. Une colonie de Toulousains est en première ligne, c’est dire l’engouement pour ce groupe Finlandais qui nous attend. INSOMNIUM est la.
Markus se place derrière sa batterie, suivi rapidement par les reste de la bande pour lancer la doublette The Primeval Dark / While We Sleep. Le son est peu juste au début mais vite réglé. Niilo, tout sourires dehors, d’un charisme hors normes, remercie le public à maintes reprises et les guitaristes, bien que concentrées sur le jeu, prennent leur pied. Leur musique est épique, sombre, un death mélodique unique où les guitares distillent des parties lead d’une mélancolie et d’une beauté sans failles.
C’est bien simple, je ne peux retenir mes larmes durant le morceau Down With The Sun, véritable bijou, tiré de l’album Across The Dark. Il en sera de même pour mon voisin durant The Promethean Song avec son atmosphère particulière. Célébrant les 10 ans de l’album Above The Weeping World, il en sera extrait pas moins de 5 chansons dont le sublime The Killjoy et Beareavement.
C’est d’ailleurs de celui-ci que le hit Mortal Share et sa rythmique rapide vient clore les 50 minutes qui sont passés à la vitesse de l’éclair. Merci Insomnium, vous nous avez conquit ce soir. Mon cou ainsi que ma voix s’en souviendront aussi.

Un peu de calme après ça ? Que nenni, il y a SLAYER. Voyant que mon corps tient le coup, je décide de me lancer dans le pit, tout en faisant attention quand même. En ce qui les concerne, ben il n’a rien a dire excepté que ce la ne s’arrête jamais et la encore, c’est l’avalanche de tubes que tout thrasheur se doit de connaître, les vieux comme les récents : Repentless, War Ensemble, Disciple, Dead Skin Mask, Mandatory Suicide
Un béret est lancé sur scène, Tom Araya s’en saisit, va pour le mettre avant de se raviser. Peu bavard comme il en a l’habitude, il se contente de remerciements timides et d’annoncer les titres pendant que Kerry King et Gary Holt headbanguent furieusement. Quant à Paul Bostaph, il fait le job, sans pour autant avoir le groove de son prédécesseur.
L’assaut final est lancé avec Rainning Blood et Angel Of Death, véritables tueries en live. Slayer nous a tué, une fois de plus.

Déplacement léger vers la gauche, sur l’autre Mainstage. Backdrop avec personnages de guerre bien barbus, dragons crachant du feu, pyrotechnie fournie, vikings chatouilleux en tout genre dans le pit : AMON AMARTH arrive. Et vu la populace présente, ils sont plus qu’attendu. Il est vrai qu’Amon Amarth récolte tous les suffrages depuis quelques années.
C’est une setlist best of en béton qui nous est délivrée, démarrée par l’ultime Pursuit Of Vikings qui fait déjà sauter tout le monde sur place avec sa rythmique entraînante. Le son est dominé par le duo basse/batterie, laissant un poil les guitares en retrait mais cela ne semble pas affecté le public qui monte en puissance au fur et à mesure. On aura droit à 2 extraits de JomsViking, le dernier en date, à savoir Raise Your Horns et First Kill, qui font un malheur en live.
Les Death In Fire, Runes To My Memory et Deceivers Of The Gods, entre autres, sont de vrais pépites et nous font bouger les cheveux. Et que dire de ce Wall Of Death impressionnant au moment où commence le sublime Twilight Of The Thunder God et son riff monstrueux. Amon Amarth n’a jamais déçu, contrat rempli encore ce soir.

9 ans que j’attendais de revoir monseigneur Mustaine et son groupe MEGADETH. Les ayant découvert dans ma jeunesse avant Metallica avec l’album Rust In Peace, je suis ravi de pouvoir les voir encore une fois. Et contrairement à son ancien groupe, celui-ci continue de sortir des albums de qualité, à l’instar du dernier, Dystopia, qui est certainement un des meilleurs de cette année 2016.
Désormais entouré de Dirk Verbeuren (Soilwork, Scarve) à la batterie et Kiko Loureiro (Angra) à la guitare, Dave Mustaine est entouré d’un Line Up solide, toujours accompagné de son fidèle lieutenant Dave Ellefson à la basse. C’est Hangar 18 qui ouvre, provoquant un émoi conséquent des le départ. Mustaine semble fatigué et porter le poids des années à voir sa tète et sa voix parfois un peu faiblarde mais cela ne l’empêche pas de headbanguer comme au premier jour et de poser des solos infernaux ; relayé par un Kiko Loureiro qui vit un rêve éveillé, portant les parties de Marty Friedman à merveille.
Les nouveaux titres passent bien en live mais c’est surtout les morceaux les plus connus qui font l’unanimité, comme Trust, Tornado Of Souls dédicacé à Nick Menza et surtout A Tout Le Monde, scandé par une foule enflammée. Foule qui va d’ailleurs se déchaîner sur la triplette finale Symphony Of Destruction, Peace Sells et le mythique Holy Wars, 3 poutres qui vont achever votre serviteur. Merci Dave, tu m’as rendu heureux ce soir.

On part recharger ses batteries en zone VIP avant de revenir voir la tournée d’adieu des pères fondateurs BLACK SABBATH. On va pas se cacher, le set sera exactement le même copie conforme à celui de 2014, jusqu’au solo de batterie, à la note près.
Ozzy, cependant, délivrera un concert bien plus dynamique et convaincant que 2 ans avant. Et comme la dernière fois, on se rend compte qu’on connaît ou déjà entendu tous les morceaux joués et qu’on ne peut s’empêcher de chanter sur les Paranoïd, Children Of The Grave, War Pigs, Iron Man etc. Un concert qui passe très vite encore une fois. Il fallait les voir une dernière fois, mission accomplie.

C’est la fin du festival, il est clair qu’on aura pris des baffes mais manquer DEICIDE serait juste abuser de la situation, vu que le groupe annule souvent ses dates. C’est bien simple, j’aurais dû déjà les voir au moins 4 fois depuis une dizaine d’années. Impossible donc de les louper. Grand bien m’a pris.
Glen Benton est la, bien devant moi, basse en main, je me pince plusieurs fois pour vérifier si je ne suis pas en train de rêver. Le son est très fort mais bien équilibré et c’est la machine de guerre qui est activée. Homage For Satan se lance et on se rend compte de la surpuissance du death metal des floridiens. Quelle baffe, quelle force de frappe, un vrai uppercut qui te met KO. J’ai déjà vu plein de concerts mais celui la restera comme un des meilleurs que j’ai pu voir. Jamais le death metal n’a été aussi bien représenté.
Steve Asheim nous bombarde de blast beats effrénés pendant que Jack Owen, ancien Cannibal Corpse, pond des riffs tels des mandales qui te font ramasser tes dents. Quant à Glen Benton, c’est le diable en personne, ses vocaux sont le reflet de l’enfer. Pas de blabla inutile. Je me met en transe sur les Children Of The Underworld ou Once Upon The Cross jusqu’à ce que ma nuque me lâche. Une dernière charge sur Lunatic Of God’s Creation et terminé. Je reste encore la bouche grande ouverte sur la gifle que je viens de subir et restera ancrée à jamais.
Comme me le diras Jérémy juste après le concert car il était au premier rang : « Maintenant, il y a 2 sortes de personnes sur Terre : ceux qui ont vu Deicide et les autres ». Je suis bien d’accord avec lui. Une finition de festival parfaite.

 

Conclusion.

 

Malgré les aléas de santé, le Hellfest a encore tenu toutes ses promesses avec un orga au poil et des groupes survoltés qui nous ont fait plaisir. Seul point noir à mon goût : le fait que le festival soit maintenant surpeuplé et que le fait que ce soit « hype » de venir participer à cette fête dérange un chouia car il est vrai que l’on croise pas mal de non-metalleux, ce qui a tendance à agacer une frange du public et donc sold out vite fait.
Si l’affiche est encore appréciable l’an prochain, nous y seront, comme d’habitude.

par Romain Reaper

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