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Xtreme Fest 2015

Xtreme Fest 2015

Reaper666

10 septembre 2015

Pas de commentaire

 


Une petite introduction

L’Xtreme Fest, le retour. Pour cette 3e édition, on délaisse le parc des expositions d’Albi pour revenir au lieu de départ, à savoir Cap Découverte à Carmaux. Un site unique,  une ancienne mine transformée en lac avec une plage et agrémentée d’une multitude d’équipements sportifs, accessibles par un télésiège. Un super endroit qui va se transformer en fête du metal pendant 3 jours.20150719_203455

Vendredi 17 juillet

Après avoir taffé le vendredi jusqu’à midi, on pose tout son bordel au camping, sans arbres of course, puis on se dirige vers le festival voir les copains de Supremacy. Le trio gersois, connu dans nos contrées, ouvre le bal en ce caniculaire samedi sur la petite scène extérieure, juste à coté du skate park où moult acrobates défileront jusqu’à dimanche.
Leur groove metal , fortement inspiré par Pantera voire Metallica sur certains passages, permet de rentrer en douceur dans ce week-end qui s’annonce puissant. Bien plus matures et pros que par le passé, ces petits jeunes envoient le steak par des compos ultra rythmées et les premiers secouages de têtes commencent à apparaître malgré une chaleur entêtante.
Les titres tels que Game Over (qui a fait l’objet d’un clip), Destroy ou Revenge font mouche. Une affaire, encore une fois, à suivre de près.

 

Juste par curiosité, et parce qu’on me l’a fortement recommandé, je me dirige ensuite vers la scène principale à l’intérieur du complexe, surnommé la X Stage, pour aller voir les niçois de Cobra et leur punk dégueulasse. Oui, dégueulasse est le mot qui convient.
Et c’est vraiment le gros nawak, que dis-je, le foutoir total sur scène comme dans le pit. La clim dans la salle ? Vous l’oubliez de suite, elle a disparue au 1er coup de caisse claire.
Mode « on s’en bat les miquettes » activé. Le chanteur paraît un brin sans réaction face à la débilité des paroles qu’il débite, des titres comme Pédés et Drogués ou Nihiliste sont d’autant plus hilares. Sans basse ni batterie, samplés évidemment, mais à 3 guitares, c’est vraiment la mise en scène du « rien à péter de ce qu’il se passe ». Trust peut aller se rhabiller.

 

On enchaîne sur Black Bomb A après s’être sustenté et rafraîchit la gorge à coup de godets remplis de houblon. Les vétérans du metal/hardcore à la française ont toujours autant la rage de vaincre  et ils nous le font sentir encore ce soir. Et au vu du nombre de t-shirts du groupe présents, ces derniers sont attendus par une large frange du public, très diversifiée. Certes, le propos est toujours plus ou moins le même mais c’est tellement efficace en live qu’on ne peut s’empêcher de bouger son corps. Un bon cru.

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Mais le pire est à venir. Les ricains de Carnifex sont dans la place. Ils déboulent direct en mode furieux : blast beats denses agrémentés de breakdown groovy (tu la sens la corde à vide, la ?) et ça ne démord jamais : on se dit à un moment ou à un autre qu’ils vont ralentir la cadence mais que nenni.

La vitesse reste la même et l’intensité des pogos augmente à chaque morceaux. Bref une leçon de deathcore briseuse de mâchoires, la gifle de la journée.

 

Malheureusement, comme l’an dernier et pour des raisons professionnelles, je ne pourrai assister au show de Black Label Society. Il est temps d’aller dormir. A demain.

 

Samedi 18 juillet

Après une matinée de taf hardcore, on revient vite à Cap Découverte afin de profiter de la baignade dans le lac (les circle-pit dans l’eau, c’est rigolo !).

 

A la suite de ça, on se précipite sur la scène extérieure pour assister à la prestation des toulousains d’Evilness. Leur dernier concert dans les environ (à Muret) date de presque un an, mais le public répond présent, sous la canicule écrasante.
Désormais sans bassiste, leur thrash/death mélodique est toujours aussi efficace avec des titres comme Burn ou Dreams et le morceau Despise Decline où votre serviteur [moi] sera gentiment invité sur scène à pousser la gueulante. S’en suit le lancer de bières dans le pit avec des rattrapages assez folkloriques. Enfin un nouveau morceau, sympathique, ainsi que l’excellent Demiurge de Meshuggah nous fait perdre les 10 litres de flotte qui nous restaient dans le corps. Un bon tour de chauffe et des points marqués par le groupe.

 

Un rafraîchissement et les locaux d’Oldskull se mettent en place. Son crasseux, voix criarde, batterie sèche : le nom du groupe représente entièrement le death proposé. Fans d’Obituary, Bolt Thrower, Asphyx et consorts, ce groupe est fait pour vous.
Les riffs flirtent les sonorités des 90’s du coté de la Floride. Seule formation de ce type durant le week-end, on profite totalement de ce concert qui verra, sans doute à cause du soleil trop vivifiant, un public clairsemé. Fort dommage. Il va sans dire qu’on les reverra bientôt dans le coin.

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Retour sur la X Stage pour nos barrés de Psykup. Accompagné par Julian (Klone, Dwail, Manimal…) à la basse, le groupe de Toulouse fait toujours office d’ovni dans le paysage metal, mélangeant habilement des passages planant avec des voix sublimés par Julien et Milka au moments des plus bourrins, un peu comme le ferait Faith No More fusionnant avec Devin Townsend.
Tout est dans la déconstruction systématique, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Un bon moment de fou rire quand Milka nous annonce qu’il est extrêmement fier de jouer sur la même scène que les papas Cannibal Corpse.

 

 

C’est parti pour la EMP stage, aussi en extérieur, pour les pères fondateur du thrash/crossover DRI, formé en 1982. Ça thrash violent, le poum/tchak est soutenu, l’énergie du punk est purement présente, la main droite du gratteux va vite, bref les vieux de la vieille sont toujours autant énervés et le public ne fait pas semblant non plus. Les pogos sont même virulents, la bagarre au summum. Une leçon de maîtres que certains devraient prendre en compte.

 

En raison de l’interview d’Ensiferum, je loupe une grande partie du concert d’Iron Reagan, à mon grand désarroi (moi qui adore ce groupe, tout autant que son cousin Municipal Waste -c’est le même chanteur, diantre). Je profite donc des 10 dernières minutes du set pour aller dans la violence des pogos. Que dis-je, c’est super violent. Même les musicos, pourtant transpirants et fortement alcoolisés, balayent la scène telle une épreuve de fond.
Ah, le thrash, quelle belle invention. L’enchaînement après DRI est parfait. Un joyeux bordel comme on les adore.

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Enfin la premiere d’affiche qui arrive. Les papas Cannibal Corpse déboulent en trombe et entament direct sur Scourge Of Iron. Le son est fort, pas forcément équilibré (dommage qu’on entende pas l’hallucinant jeu d’Alex Webster à la 4 cordes) mais on s’en branle, c’est du death metal. Corpsegrinder enclenche l’hélicoptère quand il ne beugle pas et la paire Rob Barret/Pat O’Brian ne s’arrête plus. Les mornifles dans le pit ne faiblissent pas non plus, les Hammer Smashed Face, I Cum Blood ou Make Them Suffer sont vociférés à tout va.
La clim est partie aux oubliettes tant la chaleur fait couler la sueur à même le sol. Les mangeurs de cadavres n’ont pas encore dit leur dernier mot, assurément.

 

Une nouveauté pour l’Xtremfest cette année : la présence d’un groupe folk/viking, et pas des moindres puisqu’il s’agit des finlandais d’Ensiferum. Vu le nombre de personnes venues pour l’occasion, ça va défourailler sévère.
Et c’est parti : ouvrant avec les deux premiers morceaux du dernier album One Man Army, on met direct les points sur les I. Le groupe propose une setlist différente de la tournée européenne, qui comporte les terribles Treacherous Gods et Lai Lai Hei. Markus fait gémir sa guitare à coup de mélodies épiques, Petri devient meilleur frontman, quant à Sami, il s’impose comme un musicien hors pair tant au niveau de la 5 cordes que du chant clair guerrier. Et ca fait plaisir de revoir Emmi derrière son clavier, headbanguant non stop durant tout le gig.
Un bien bon concert du début jusqu’au final et dansant Two Of Spades, avec quelques manques comme Iron ou Into Battle. A revoir en octobre par chez nous !

20150719_203726La pluie torrentielle qui s’abat à l’extérieur forcera l’annulation de 7 weeks. C’est donc en direction de l’apéro du soir (ainsi que mon anniversaire) et de nos tentes humides que s’achève cette journée éreintante. Good night.

 

Dimanche 19 juillet

Ya pas à dire, la baignade dans une eau à 29°C après la cuite-anniversaire de la veille, c’est juste merveilleux ! Et avec dans une main la petite barquette de frites, la binouze dans l’autre, on atteint la perfection.

 

Et tout ça nous met dans de super conditions pour aller voir les copains de Black March, sous une chape de plomb. Seule formation black metal de tout le fest -qui plus est, de Toulouse- Black March est la valeur montante du genre dans la ville rose.
Aidé par Guilhem, batteur de la formation bordelaise Strynn (ils sont toujours à la recherche d’un batteur), le groupe crache au black old school cru et primitif qui lorgne vers le thrash à certains moments. Mais tellement bon que même en plein jour, c’est plaisant. Pas de décor ni d’artifices, le groupe se concentre vraiment sur son sujet, la musique. Et ce n’est pas la chanteuse qui hurle des sons déchirants dans son micro, qui dira le contraire.
Une bonne entrée en matière pour la journée.

On revient sur la X Stage pour écouter autre groupe que j’ai loupé maintes et maintes fois: Toxic Holocaust. Voir enfin Joel Grind et sa permanente blonde, qui officie cette fois-ci à la basse, est un pur régal.

Avec toujours sa voix black et son look de vieux crust, le bonhomme envoie toujours autant le pâté avec ses compos de black/thrash qui durent 2 voire 3 minutes maximum. On croirait écouter les 1ers Kreator ou les vieux Sodom. Certains titres comme Nuke The Cross sont un délice.
Ça donne un beau foutoir dans le pit. Pas déçu du voyage, encore une fois.

 

Et enfin, un des groupes les plus attendu de la journée: Behemoth. Les lumières s’éteignent. La messe noire peut commencer. Nergal et ses sbires arrivent lentement les uns après les autres, le chanteur tenant un flambeau dans chaque main. Le set débute sur Blow Your Trumpets Gabriel suivi de près par Ora Pro Nobis Lucifer et sa rythmique dynamique.
Presque pas de bla-bla, juste une cérémonie macabre, tout dans le visuel. L’essence du black metal par excellence. S’en suit le magistral Conquer All enchainé quasiment avec Decade Of Therion, tiré de Satanica (1999).
Et lorsque Nergal vient se poser à 50 cm de vous avec de l’encens pour ensuite jouer le titre Messe Noire, on navigue en pleine procession funèbre. Ov Fire And The Void poutre toujours autant tandis que Alas The Lord Upon Me repose les ardeurs avec son tempo lancinant.
L’apogée sera atteinte lorsque, Nergal, verre de vin à la main, le vide doucement puis le jette par terre violemment tandis que Chant For Eschaton s’amorce, celui-ci décidant de finalement cracher le contenu de sa bouche, tout comme Orion. 2 faciales pour le prix d’une. Mon t-shirt blanc de Behemoth s’en rappelle encore. Magnifique.
O Father O Satan O Sun clôturera cette lugubre célébration qui apparaît clairement pour ma part comme le meilleur concert du festival.

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Le mot de la fin

Une 3e édition qui était donc à la hauteur de nos attentes, avec beaucoup de positif, en espérant que l’esprit du Fest perdurera dans les années à suivre. Avec un tel cadre et une programmation toujours aussi variée, nous serons là pour les prochaines éditions, pour sûr.

 

 

 

 

par Romain Reaper.

 

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