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ULVÅND – The Origins

ULVÅND – The Origins

Robin

26 février 2020

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Ulvånd

The Origins

Date de parution : Mars 2020


Solennité et Perfection

Vous savez, il y a des groupes il n’y a rien à en dire…

Ni parce qu’ils sont mauvais ni parce qu’ils sont bons…

Ulvand fait partie de ces groupes.

Ulvand est un groupe originaire de Toulouse. Des sonorités modernes, des orchestrations, un chant féminin clair, un chant d’homme guttural.

J’aime étrangement la pochette… On n’a pas l’habitude dans ce genre symphonique metal moderne d’avoir les environnements urbains à l’honneur. Malgré l’étrangeté du lieu présenté, l’impression de réalisme et de poésie me ramène aux films de Michael Mann qui captent l’aspect mystique des métropoles.

Vient ensuite la deuxième qualité de ce projet : la propreté du son qui sied bien au style. A part la basse un peu loin (et également peu mise à l’honneur dans les compos) le travail d’arrangements est vraiment bon : nous avons un son ample et moderne, ou les chœurs et les différentes pistes viennent se marier aux guitares profondes et abrasives. Le chant n’est ni trop en avant ni perdu dans le mixage.

La pluralité des arrangements et des différents instruments et nappes musicales qui viennent donner du relief aux compos est un atout non négligeable. En effet le groupe à la bonne idée d’intégrer toutes sortes d’éléments digitaux ou classiques pour appuyer le propos mélodique des compositions. Les guitares sont utilisées pour donner de l’énergie, le reste développe les lignes mélodiques et en tire au maximum la sève en les boursouflant, les développant ou les soulignant. Ce choix d’écriture est d’une grande efficacité et permet d’apporter énergie et puissance d’un côté et emphase mélodique de l’autre.

Perfectionnement de l’ennui

Une fois toutes ces qualités soulignées je n’ai pourtant pas accroché à cet album… On sent un groupe jeune et qui est ambitieux et cela est bon. Seulement où est passé la folie et la fougue de la jeunesse ?

Pour moi le principal défaut de l’album est qu’il est trop poli, un album d’un groupe bon élève qui a 17 de moyenne, qui sait enregistrer et produire un cd, qui sait mettre en avant les mélodies… Ok mais où sont vos tripes ?

Alors en disant cela je fais un peu de provocation… Certes… Pourtant ma principale interrogation est bien sérieuse… Le genre de cette musique ne cherche pas la folie peut être… Très bien… Alors où est la prise de risques ? Où sont les maladresses qui me font dire « eh ben là il tente un truc il se cherche, il échoue mais le mouvement est là ! »

Trop lisse, trop sage, trop propre… Voici ce que je pourrai en dire, mais cela serait peut être me tromper sur l’intention du groupe… En effet les musiciens cherchent ici à atteindre la beauté la plus paroxystique qui soit : la pureté des mélodies, l’harmonie des instruments, les lignes vocales cristallines de la chanteuse… Peut on vraiment parler de Metal encore ? N’a t’on pas à faire à une sorte de néo classique prenant des apports du genre métal ?

Les rêves de pierre (jamais rire, jamais pleurer)

Alors à ce moment là mes critères deviennent caduques pour juger de cette musique. Je m’en tiendrai simplement à souligner l’absence d’originalité des compositions qui, bien que parfaitement exécutées, n’en demeurent pas moins oubliables. Le chant féminin bien que très professionnelle me semble bien trop lisse et trop linéaire pour m’évoquer une quelconque forme de grâce… Je ne suis pas sensible à la voix des anges et j’ai toujours préféré lorsque l’artiste homme ou femme vil(e), tel un alchimiste faisait de sa boue et de ses imperfections de l’or.

Dommage donc, que soit trop sage (pas de prises de risques au niveau mélodique, des choix instrumentaux, des structures ou dans l’interprétation) et trop scolaire (tout bien, tout propre, survient alors un sentiment d’impersonnalité). Cet album qui objectivement, n’est pas mauvais.

C’est juste juste, précis, agréable, ambitieux dans ses arrangements, mais n’est certainement pas une réussite ou une oeuvre intime (ceci dit très subjectivement).

Les bienfaits de l’auto chirurgie

Il va falloir pour l’avenir mettre toutes les qualités techniques et musicales apprises avec et pour cet album au profit d’une quête : la recherche de sa musique.

Cela implique de raconter ses épreuves, de chuter, de lire un papier qui déçoit…

Cela implique de fouiller dans l’insipidité de nos vies pour en exhumer les trésors oubliés, et de les transmettre par des sensations auditives qui ne sonneraient pas seulement comme agréables…

Cela implique de faire de la musique un Art.

L’art de se raconter pour raconter une aventure commune à tous.

Il est temps…

Chronique par Robin


Pour les écouter :


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