ARTICLES

PARADISE LOST – In Requiem (2007)

PARADISE LOST – In Requiem (2007)

Robin

1 octobre 2019

Pas de commentaire


PARADISE LOST

IN REQUIEM

Date de parution : 2007

Label : CENTURY MEDIA RECORDS


«… » : Le réconfort lucide

  • …  : La perte

Un été de nuit, un été d’une grande chaleur, un été morbide et violent.

Il a frappé ton corps.

J’peux pas évoquer cet album et ces chansons, ces mélodies sans parler de cet été, de cette nuit qui ne finissait jamais, elle était douce et accueillante. Demeurer en elle, je voulais ça moi.

Ascend and fall for me

  • Il y a plus de rédemption mais c’est pas grave, ce n’est plus nécessaire en fait, je m’accoutume à cette damnation, je n’aurais pas connu tout ça sans elle… Alors, je ne vais pas lever le voile … Y a rien à révéler, se laisser vivre et embrasser les lèvres de celles qui viennent attraper mon bras alors, celles qui me retiennent.

Self esteems low

« Y avait du verre pilé dans son truc, et toi ben oui pourquoi pas ! Les draps tâchés de sang, le zen en sang t’y serais allé ! »

Could it be, nothing that you learned from ash and debris

  • Tu comprends ? Elle est partie elle, alors je veux partir de tout. Des lèvres, de la sueur et la voiture d’un pote qui attend en bas. Trivial ? Jamais ces mélodies ne me quittent, le superbe résonne en moi, mais c’est pour moi, je vous laisse aucune chance de les entendre… 

« Les décombres d’un corps, le souvenir palpite pendant qu’elle a les yeux collés au mur, toi tu restes là… La connerie est faite, le thé qu’elle t’a servi est froid, le sien est par terre. Elle sourit et tu regardes le sol, elle sourit à cause de toi ? Des bières ? De cette Kéta ? Toi tu t’en fous un peu t’es déjà plus avec elle, à cause de l’autre, l’autre qui est partie ; depuis, t’es qu’un corps de cendre et tu te disperses sur ces corps… Apprendras tu enfin à ne plus te blesser et à ne pas blesser ? Cendres palpitantes…

Tant à apprendre et déjà mort. »

Living for rules you only break

  • C’est mon corps que t’es venu chercher, tu ne repartiras avec ses chansons, tu n’auras que le rythme vulgaire et essentiel de mes hanches sur les tiennes. Nécessaire parce qu’elle est partie. Alors mon corps se débat, coucher avec toi c’est une baston, oppressant et oppressé, il n’y a que ces mélodies qui me rassurent. Oui je les garde pour moi, elles t’angoisseraient, c’est évident à ce moment là, ce regard après la jouissance… C’est évident que je dois te quitter.

« Tant à apprendre et déjà morte. »

Somewhere in the air

  • Encore l’air frais et doux de ces nuits, je l’ai tellement respiré, ça ne m’a jamais quitté, alors cet air mon corps le chante, mes tripes se soulèvent : tout ce tas de viscères devient léger, enfin je n’ai plus de désir, plus envie de boire, plus envie de toucher les corps féminins, et plus envie d’être chaud pour quoi que ce soit… Je sens l’air traverser ma peau, je le sens me rendre à toi… Je reste dans l’herbe humide, ils tisent pas loin, j’entends rien aux conversations, j’en connais pas la moitié, m’en branle ! L’air m’a déposé, elle m’a expirée, son courant chaud ne circule plus, elle t’a reprise…

You’ll never save me again

« Toi t’as ton petit drame, ta petite pièce tragique à gérer. T’as hurlé aujourd’hui ? C’était contre le soleil que tu vois jamais ou contre elle ? Le résultat est le même : tu ne vois plus les deux et ils te manquent. Oh je sais c’est pas maintenant que tu l’avoueras… »

  • Tant à apprendre et déjà mort.

With all the sickness you remain

« Tu te souviens quand ta tête a frappé le sol, le béton dans ta chambre ? Aujourd’hui ce qui t’obsède c’est ce qu’elle foutait à ce moment là, hein ? A dix centimètres de toi ! Toi ! Répudié, congédié prestement. Et là, tu n’es plus toi, tu frappes, ridicule et absurde, tu n’étais plus qu’une chose absurde, ton existence devenait absurde, tes mots devenaient absurdes, tes larmes étaient absurdes, tes spasmes étaient absurdes… Je continue ? Tu l’es resté, il t’a fallu recréer quelque chose… Pas une partie de toi, toi en entier ! Tu n’étais plus qu’un truc absurde qui vivait sans vivre, respirer sans respirer, regarder sans regarder, il t’a fallu simuler être… Et puis reconstruire tout ; t’as demandé de l’aide avec cruauté et impatience, tu pourrais te sentir seul, si seulement tu étais en vie, mais depuis qu’elle est partie… »

Tears won’t wash this away

« Ils ont vite décampé en scooter, puis les gyrophares bleus, tout ce manège pour 3 merdeux. T’es plus imbibé qu’eux, mais cette désorganisation, ça te plait, ces lumières… Ces canettes de bières, oui il y a un goût que tu aimes, tu regardes ton portable des messages encore et encore, d’elles, ces fantômes… Ces larmes dont tu as voulu faire goûter ta peau, mais sous elle, ces baisers et ces regards n’adouciront pas ces torrents de déchets que t’as dans tes veines, dans ton bide, rien ne pourra te laver, même pas un lavement. Alors arrête de boire comme ça ! Rien ne va assainir tes productions d’esprit ! Ni bienveillance ! Ni mer de corps ! Ni fermeté ! Ni indifférence ! Ni sensualité excessive ! … Alors bois… »

Set me down oh set me down

  • J’y vais, je ne sais même pas pourquoi je souris quand il y a une embrouille. En me réveillant je consulte cent fois mon portable, que son nom apparaisse, un message d’elle… Mais c’est toujours les messages des mêmes personnes, des enculés, ou des meufs dont au final je me rends compte que j’en ai rien à foutre, je m’entoure, je me surpeuple, c’est son silence qui me rend hagard… Il m’oblige à poser l’oreille au sol, à m’allonger, à me consacrer, sur le battement de mon cœur… Son silence me repose et me ramène à une souffrance qui me précédait.

« Tant à apprendre et déjà mort »

In thoughts sublime we immerse

  • Je descends ces marches de pierre, cette Histoire… Tout ce qui a vécu avant moi, en moi, tout ce qui gouverne mes actes dont j’ignore même l’existence… Les arbres m’entourent, menaçants, terriblement sages. Sagesse dont je ne veux plus. Tout brûler, tuer les morts qui parlent partout autour de moi, et là, je lâche la canette, je me mets à courir, ils ont pas compris, mais tout m’oppressait tout est trop grand. Les pierres que je foule, trop grandes… Elles savent, elles sont l’Histoire, je ne peux pas vivre dans un sanctuaire ! Je veux pas ! Maintenant qu’elle est partie j’ai trop conscience de l’immanence des choses… Je me cogne à tout être, tout principes ! Depuis qu’elle est partie, plus rien n’est agréable, chaque petit éclat de matière est une menace. Les solitudes de ses chairs me réconfortent illusoirement encore pour un temps…

All blown away

  • C’est lentement que les gens s’évanouissaient, il n’y avait même plus de visages, des lots de poussières compacts, agglomérés par quelques désirs suants à l’ombre d’étoiles saturniennes et cruelles. C’est lentement que mon visage disparaissait au gré des non rencontres, que je perdais tout ; retrouvé que des miasmes et de la sueur, encore ; sueur répandue par un vent souriant et goguenard, portant en lui des regards lascifs. Tant de ferveur gâchée… J’ai oublié mes enseignements.
  • « Tant à apprendre et déjà mort »

When you’re down, face the crowd, so illusive

« Bon normal qu’ils soient là à te prendre de haut, ou qu’ils soient un peu effrayé aussi. T’as plus des pieds, t’as des sabots ! Puis ils ont ce sentiment que rien ne t’arrête, tu t’en fous juste de ça toi tu veux te perdre, c’est un luxe, je crois, à te voir ! Qu’est ce qui te tient encore ? Qu’est ce qui ne te fait pas vaciller ? Parce que bon… Tu peux oublier la compassion… Tu peux l’oublier elle, tu peux t’oublier toi, ton corps, tes idées, tes sensations même, volées par quelques doux produits. Bon alors qu’est ce qui te tient encore ? T’as du sang encore dans ton corps ? Si on te frappe c’est des bleus, des hématomes, ou des brèches qu’on fait, donnant sur un néant plus infini que tes nuits ? Ben tiens, on va voir ça. »

Right way, there’s a wrong way. And there is no way

« Elle a été gentille elle a prit le bouquet »

But I’m not conscious of the things I did

  • Tu sais moi je me fiche un peu de tout ça… Je veux juste pouvoir boire des bières et draguer des filles et puis voilà…

« Ouais mais mec c’est pas une vie ça, j’veux dire t’es jeune alors voilà, ok, j’comprends, mais faut pas que ce qui est une période devienne ta vie, tu vois… ? »

  • Ouais je vois mais je m’en fous… Ma vie c’est juste cet été, le reste aura peu d’importance il me semble

« T’en sais rien mec, t’en sais rien… »

  • J’espère que les sentiments ont tort quelquefois…

« Tant à apprendre et déjà mort »

You believe that control has freed

  • Alors lui me regarderait, d’en haut, et finalement c’est à travers vos mots qu’il me condamne, plus sataniste qu’un buveur de sang…

« Tu les vois ces sourires aimables, tu devines qu’ils ne sont pas pour toi. »

  • Avouer quoi d’abord c’est une honte ça, d’aimer ? En fait si ! Il y a une chose tu sais, qui les fait demeurer, eux, à distance. Qui m’empêche d’être sous l’arbre alors que je touche son tronc florissant… Ces mélodies… Elles ne me quittent toujours pas, que je sois pour une minute avec toi dans le réel ou loin ailleurs, dans l’exploration de mes scissures… Que je sois plus mort que vivant, plus sanguin que calme, plus apathique que nerveux, qu’ils portent l’état de ce qui me compose, tous ces éléments disparates qui sont sensés être moi, ils sont intimement liés par une chose oui… Des mélodies… Liens ténus mais puissants tout de même. Non pas d’autisme, pas besoin de casques ou d’enceintes, pas besoin d’en parler même, ou plutôt pas encore, je ne peux pas les écouter ces mélodies, tu peux voir tes tripes, toi ? Je n’ai pas envie de voir les miennes, pas envie d’écouter cet album, ça fait mal, au premier son ça coupe, ça me déverse… Non je peux pas… Mais c’est là ! Tu vois tes tripes elles sont là ? Beh ces mélodies, elles sont là. Elles m’irriguent, irriguent mes membres, mon membre pour certaines de ses dames. C’est tout en fait ! Y a que ces mélodies. Je vacille mais je ne suis pas éclaté encore.

« T’attends rien d’autre de ces nuits ? »

  • Que crois tu que j’attende de ces nuits ?

« Une fin, une fin que tu attends et désire comme l’aube »

  • Mais regarde comme ces nuits sont pleines d’aurores, de rosées, de curieux rayons ! Tu ne vois donc rien !

« … Peut être… Si… Si j’écoute ces compositions… »

  • Non ! … Tu sais… Il y a un code barre sur la jaquette qui est en plastique… Ce n’est pas l’album qu’il faut que t’écoutes ; il faut que tu vives les mélodies c’est tout, sinon une banalité de plus, une chose bien faite parmi d’autres produits bien faits ! Non, l’écoute pas cet album, rencontre ces mélodies d’abord, tu comprends ? Non, ne cherche pas à comprendre, viens, perds toi et ton corps te dirigera vers un produit… Qui deviendra œuvre pour toi. Personne ne comprendra tu sais ; est ce que tu crois que j’attends que l’on comprenne, non pardon… Est-ce que tu crois que j’attends une connivence avec ceux qui lisent ce que je te dis ??

« Non mais tu la désires »

  • Ouais… Mais elle est partie.

Chronique par Robin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Menu