Live report

REPORT // Hellfest 2019

Yoyo

3 novembre 2019

Pas de commentaire

L’année 2019 est un bon cru, bien ensoleillée, une ambiance toujours au rendez vous, un site de plus en plus beau et une programmation de qualité !

Les nouveautés du site

Afin d’embellir le site et rafraîchir les festivaliers, le Hellfest s’est doté de deux murs d’eau. C’est une acquisition bienvenue, d’autant plus qu’il a encore fait assez chaud cette année.

Les murs d’eau sont magnifiques

Au niveau des scènes principales, des écrans (vraiment) géants ont été mis en place. Pour une longueur totale de 150m, ils couvrent la largeur entière des deux scènes, intérieur compris. C’est assez impressionnant ! Malheureusement seule une poignée de groupes a utilisé cet ensemble à son plein potentiel. Parmi eux, deux groupes m’ont particulièrement touchés. Voici donc mes coups de cœur.

Les coups de cœur

Architects, le groupe de metalcore américain a rencontré un franc succès cette année, avec son dernier album plus accessible que les précédents. Le live le mettant vraiment en avant a été d’une très grande qualité. Sur scène le groupe est juste survolté ! Si l’on rajoute à ça, la parfaite utilisation des écrans géants, alternants reprise du groupe en noir et blanc et images de clip, et les lumières vraiment punchy, on était vraiment sur du core qui tabasse.

Architects nous en a mis plein la vue.

Tool, le groupe n’ayant pas joué en Europe depuis plus de 10 ans, ce fût vraiment un événement de le voir terminer le festival. Et quelle clôture ! Le metal progressif du groupe a su captiver le public, resté nombreux malgré l’heure (le groupe jouait de minuit à 2h). Le groupe ne brille pas par son jeu de scène, les artistes sont peu éclairés, à l’image du chanteur Maynard James Keenan, resté dans l’ombre pendant la totalité du concert. Mais alors pourquoi un coup de coeur ? Eh bien parce que le show était vraiment un show de lumière. La performance passe par des lumières disposées différemment sur scène à chaque chanson, des lasers, et aussi l’utilisation omniprésente des écrans pour diffuser des parties de clips du groupe. Bien entendu tout cela était calé aux petits oignons sur des titres toujours aussi envoûtants, bref voici le mot qui résume le mieux cette performance : envoûtant.

Le jeudi, le Knotfest a su assurer le spectacle avec sa très grosse programmation, l’enchaînement Powerwolf, Rob zombie, Amon amarth, Slipknot a tenu toutes ses promesses, de l’énergie, des très grosses performances et beaucoup d’effets pyrotechniques. Une soirée inoubliable.

Les points négatifs

L’annulation au dernier moment d’une des têtes d’affiche « Manowar » restera le point noir de cette édition, caprice de star ou réel problème d’organisation le mystère perdure. Mon petit bémol personnel concerne la distribution des concerts, certains sont joués sur des scènes trop petites et des groupes qui peuvent attirer énormément de public, comme TrollfesT par exemple, sont joués sous des tentes bondées. Surtout qu’à certains moments les mainstages étaient quasiment vides.

Les adieux

Quelques groupes faisaient leur tournée d’adieux au Hellfest, Lynyrd Skynyrd le groupe de rock californien a fait un joli live plein de nostalgie, Kiss a fait un très gros show dont le groupe à la recette. Peut être un peu trop de paillettes pour un live Hellfest, mais avec leur tubes intergénérationnels et leurs moyens scéniques impressionnants (nacelle surélevée, tyrolienne, pyrotechnie … ) le groupe a séduit une mainstage plus que pleine. Et pour finir avec les adieux, nos habitués Slayer qui ont fait encore une fois un live survolté. Les californiens ont délivré du gros son, leur trash-metal résonnant avec justesse et bien accompagné par une pyrotechnie plus que présente.

Jeudi : Knotfest Meets Hellfest

Entrée au Hellfest jeudi après midi sous un temps idéal. Rapide tour du Hellfest pour profiter des nouveautés, avec en fond le concert d’Amaranthe, qui ne m’avait pas laissé de très bons souvenirs lors de leur passage en début d’année à Toulouse, et vu de loin, ça n’a pas semblé beaucoup plus engageant. Next.

C’est donc avec Behemoth que l’on va attaquer les hostilités. Le black-metal envoûtant d’un des piliers du style délivre un beau concert, un son très propre, scéniquement parfait et avec une belle utilisation de pyrotechnie.

Behemoth et son black metal envoûtant.

L’enchaînement avec Papa Roach est assez violent, le passage du black au son punk-rock ne se fait pas sans mal. Le groupe réussi quand même à instaurer une très bonne énergie, le public bouge rapidement, ça jump, slam, le festival commence bien.

On poursuit avec la grand messe du heavy-metal orchestrée par Powerwolf, le groupe délivre un concert bien rythmé comme à son habitude. C’est toujours un grand plaisir de voir ce groupe et l’énergie qui en dégage. Attila n’hésite jamais à faire participer le public et la pyrotechnie est au rendez-vous.

Amon Amarth a enchaîné avec puissance. Leur death-metal mélodique envoie du très très lourd. Coté scène et tenues, comme à l’accoutumée le thème viking est de la partie. La batterie était montée sur un casque géant. Rien à redire de la prestation, parfait.

Amon Amarth : la batterie et son casque géant.

Rob Zombie n’ayant pas sorti d’album depuis plus de trois ans ce ne seront que des classiques et des reprises. Le groupe réalise un très bon concert notamment grâce à notre Mr. Zombie encore plus énergique et souriant qu’à l’accoutumée, formidablement épaulé par John 5 qui reste toujours aussi monstrueux avec une guitare.

Slipknot, le co-organisateur de la soirée embraye avec fracas. La scène est impressionnante, divisée en 3 parties, le bas de la scène occupé par le chant, guitares et basses, derrière en hauteur sont positionnés les claviers et la batterie et sur chaque coté de la scène est placé un percussionniste. Niveau visuel les artistes sont toujours masqués mais cette année les masques étaient simplement (et volontairement) immondes. Coté setlist le groupe a joué énormément d’anciens morceaux, régalant ainsi tous leurs anciens fans.

Voilà une première journée qui touche à sa fin, et l’on termine donc avec Sabaton qui va venir défendre son nouvel album à paraître : The great war. Le show fût énorme, dans tous les sens du terme puisqu’il a duré jusqu’à 2h45 ! Ce qui a fait la différence avec les shows habituels de Sabaton, outre la nouvelle mise en scène plus axée première guerre mondiale, c’est la présence d’un chœur d’hommes venant reprendre les refrains avec le groupe qui m’a vraiment mis la chair de poule. Il n’en fallait pas moins pour conclure avec panache cette journée de Knotfest inoubliable.

Vendredi

L’entrée dans le festival se fait avec une grosse annulation, Manowar qui devait être la tête d’affiche du jour est annulé, les rumeurs vont bon train sur ce qui va être fait pour les remplacer.

Le vendredi c’est avant tout le jour du metal français puisqu’une des deux mainstage leur est consacré. Nous débutons les concerts avec Klone, le groupe de métal progressif originaire de Poitiers, juste parfait pour commencer la journée. Le groupe joue beaucoup de titres de son dernier album. C’est beau, c’est planant, c’est Klone.

Direction la Warzone pour se réveiller un peu plus énergiquement avec The Rumjacks. La fosse est plus que pleine pour le concert de punk rock celtique. Une setlist nerveuse, un public très réceptif, des tas de pogos, simplement l’éclate ! On n’en attendait pas moins à vrai dire.

TrollfesT, groupe de metal festif et parodique. Histoire de continuer sur la lancée instillée sur la Warzone, nous prenons place sous la Temple. Là encore le public est venu nombreux, et on se retrouve très rapidement à l’étroit, la tente déborde de monde avant même le début du concert. Rien qu’au premier titre on se rend vite compte que le son et les chants ne sont pas très justes et propres. Le groupe n’est, de toute façon, pas là pour ça mais plutôt pour envoyer du gros son et festoyer gaiement. Au niveau du public, jump, slam, circle-pit, chenille géante… Ambiance survoltée pour un concert à l’ambiance inoubliable.

TrollfesT toujours aussi délirant.

Ultra vomit, le groupe d’heavy metal parodique français surf toujours sur le succès de son album Panzer surprise. Deuxième passage au Hellfest centré sur cet album, le groupe délivre un show rythmé et chorégraphié avec justesse, ponctué par quelques blagues. Simplement le meilleur du concert de leur dernière tournée, avec quelques surprises comme un chœur de gospel sur « Jésus ». Niveau public, le groupe est très attendu, la mainstage est bien pleine et ça s’en ressent puisque la foule est dynamique. En milieu de concert on a le droit au célèbre « Wall of chiasse », un Wall of Death sur « Pipi vs Caca ». Le concert se déroule à merveille et fini en apothéose sur les tubes Kamthar et Évier métal.

Dropkick murphys, figure de proue du punk rock irlandais (même s’ils sont américains). La Mainstage est pleine. Leurs titres les plus connus sont évidemment de la partie (Rose Tattoe, I’m shipping up to boston … ). Le groupe avec ses refrains enjoués a rapidement créé une atmosphère super festive. Un groupe de live qui réalise un super concert.

Sabaton, c’est finalement la surprise du jour, après avoir fait un énorme show la veille au Knotfest, la programmation a décidé de les faire jouer, à nouveau, pour remplacer Manowar au pied levé. Le groupe commence le même show que la veille, mais le chanteur Joakim, perd sa voix dés la première chanson. Son show d’1h30 de la veille l’a visiblement fatigué. Néanmoins le chanteur est solidement suppléé par ses musiciens pour les couplets, ainsi que par le chœur d’hommes pour les refrains.

Gojira, tête d’affiche du jour clôture la journée. La mainstage est encore pleine malgré l’heure tardive. Le groupe est juste impressionnant et assume pleinement son statut de tête d’affiche. Leur metal puissant mêlé à l’intensité de leurs vidéos projetées sur les écrans géants fascinent et captivent le public. Le concert se termine en beauté sur un feu d’artifice. Les landais ont assuré avec classe le dernier concert de cette incroyable journée.

Samedi

Début de journée rythmé et ensoleillé avec l’unique mélange de ska-metal de Skindred. Du monde, de la bonne humeur et des gros riff. La journée commence très bien.

Wolfheart, le groupe de black-metal norvégien délivre un concert bien maîtrisé avec un son très propre. La tente est bien remplie pour l’heure (midi).

Eisbrecher, le groupe de metal industriel allemand est vivement attendu, seul véritable représentant du style cette année. Le public est au rendez-vous sous la chaleur de l’après midi. Première surprise le chanteur arrive vêtu d’une chapka et d’un manteau de fourrure, il l’enlèvera après le premier titre mais le ton est donné : ambiance, visuel travaillé et humour. Le chanteur n’hésite pas à parler en français avec son bel accent allemand et possède une prestance assez incroyable. Le chanteur assure, les guitares ont un son bien bien lourd, très proche du mur de guitare donné dans leur dernier album, en résulte un son de fou. Vraiment un super concert !

Alexx Wesselsky a une sacrée prestance !

ZZ Top, le groupe de blues rock aux barbes et aux sons inimitables commencent leur concert devant une mainstage pleine. Les tenues et les chorégraphies sont soignées, les guitares à moumoute sont de sorties. Le son est d’une propreté et d’une classe impressionnante. Le concert est habilement orchestré avec les principaux tubes placés en début et fin de concert, mais en résulte un milieu de concert à un poil de l’ennui dû à un manque de spontanéité des texans et une setlist un peu trop classique et calme. Heureusement que la fin du concert est là pour sortir le public de sa torpeur avec des tubes comme « La Grange », de quoi oublier cette prestation un peu trop millimétrée.

Dans la lignée des adieux, KISS en signe des réussis et colorés ! Je pense que tout ce qui peut se faire niveau paillette a été fait lors de ce show. Des ballons ont aussi été envoyé, des feu d’artifices tirés, la tyrolienne utilisée… Et encore ce n’est là qu’un petit résumé ! Même si le show a ravi les fans, on peut tout de même regretter un show un peu trop froid finalement, avec là aussi un manque de spontanéité assez marqué.

Pour finir, changement total d’ambiance avec le show stroboscopique d’Architects ! Je ne reviendrais pas sur ce concert décrit plus haut comme un de mes coups de cœur de ce Hellfest 2019. Mais ce fût vraiment un gros moment de violence visuelle et sonore, avec un show vraiment au top.

Dimanche

Réveil un peu malade et grosse chaleur à prévoir, bref une journée compliquée pour moi. Le dimanche se distingue des autres jours par une programmation core sur la warzone, qui remplace la programmation punk des autres jours. Amateur du genre j’ai pu enchaîner quelques groupes.

The Amsterdam Red Light District, un groupe de metalcore lyonnais qui réalise un très bon concert (parmi les coups de cœur de notre photographe). L’énergie sur scène est dingue, à l’image du chanteur qui n’hésite pas à se placer au milieu des circle-pit. Le groupe partage son énergie débordante avec le public. Bien que le nombre ne soit pas trop là, les présents sont très réceptifs et se mettent à bouger très rapidement avec des jump et des circle-pit en pagaille ! Du gros son, un public très réceptif, un très bon concert d’un groupe qui gagnerait à être connu.

Beaucoup de groupes devraient s’inspirer de l’énergie de The Amsterdam Red Light District

Employed to serve, le groupe de metalcore anglais se distingue par une chanteuse avec une voie puissante mais un peu criarde. Peu de monde et très grosses chaleurs pendant le concert, mais le groupe assure et met beaucoup d’énergie.

Arabrot. Un petit tour sous la Valley pour être transporté dans un tout autre univers. Avec leur noise-rock, les suédois créent une ambiance envoûtante assez reposante, bien propice à ce milieu d’après-midi chaud. Petit bémol tout de même, leur musique bien qu’atmosphérique, par moment est assez… surprenante, avec des voix criardes et des parties plus agressives. Malgré tout, ce groupe reste une bonne surprise.

En concert, le groupe de folk viking Skald a su conquérir un large public avec son premier album. Les instruments traditionnels mélangés aux voix vikings résonnent avec justesse sous le Temple. La tente déborde de monde mais le jeune groupe français ne se laisse pas impressionner et délivre un très bon concert. Le temps du concert j’ai été totalement transporté en Scandinavie et au vu des acclamations du public à la fin je n’étais pas le seul. Un moment magique.

Toujours fidèles à eux-même, les anciens de Lynyrd Skynyrd ont distillé leur rock sudiste, avec des titres presque tous issus de leurs premiers albums. Pas de surprise, mais un concert pour les amateurs du genre qui fonctionne bien.

Retour sur la Warzone pour retrouver Beartooth. Les natifs de l’Ohio ont attaqué bien correctement avec des chansons toutes plus énergiques les unes que les autres. Clairement, le groupe n’a plus rien à prouver sur scène, et il fait vraiment parti des groupes à aller voir en concert. Durant tout le show, c’est une déferlante de slamers qu’à du rattraper la sécurité. Appréciant fortement ce groupe, je n’ai pas été déçu, et visiblement je n’étais pas le seul !

Caleb Shomo était en pleine forme !

La journée touche à sa fin et nous voilà donc avec les derniers concerts qui arrivent. Puisque je les ai décris plus haut, je ne reviendrais pas dessus, mais terminer un Hellfest avec les adieux de Slayer, suivi de ce moment magique qu’à été le concert de Tool, c’est quand même assez incroyable. L’organisation nous a régalé encore une fois, et qu’on aime ou pas Tool, c’est un gros coup d’avoir programmé ça. C’est donc avec des étoiles pleins les yeux (et surtout les oreilles), que nous repartons tranquillement à la tente, en profitant des décors qui ont su nous ravir tout ce week-end. Merci Hellfest, et à bientôt !

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