Chronique

LES INFRAS-MONDES (part II) NEUROSIS – A Sun That Never Sets

LES INFRAS-MONDES (part II) NEUROSIS – A Sun That Never Sets

Robin

24 novembre 2019

Pas de commentaire

NEUROSIS

A Sun That Never Sets

Date de parution : 2001

Label : Relapse records


Neurosis, avec A Sun That Never Sets nous présente un monde chaotique et violent où la vie suffoque dans une eau au noir infini, et se brise sur des pierres, taillant et saignant un ciel sans atmosphère, s’écroulant alors sur toute planète.

La vie lutte et surgit, elle se bat au milieu de cette chimie hostile, on croirait assister aux premiers jours du monde : il hurle.

Cet univers primal c’est le notre, Neurosis décrit ainsi notre esprit à l’agonie, toujours peinant à se soutenir face aux indicibles forces naturelles qu’il tente d’embras(s)er.

L’acharnement de soi même, pour soi même, contre soi même ; ces forces, ces règles physiques qui gouvernent notre souffle vital…

Neurosis décrit l’Inconscient, son aridité, son infini, sa sagesse également ; ses tours et ses complots contre les règles mesquines de la matière perfide.

L’Inconscient, cette vie, ce souffle, fait sien ce monde, il ne lutte plus, il l’embrasse enfin, le déchiffre l’accomplit ; fait de la souffrance le miracle de cette existence minérale : quand la pierre devient chaire, nerfs, le ciel, peau, quand la mer devient fluides, lymphes et autres humeurs.

Vient un accomplissement, une conscience émanant de tout ce que nous voyons, tout ce que nous ne voyons pas, tout ce que nous percevons, tout ce que nous déduisons.

Nous déduisons, nous réfléchissons, nous bâtissons, ce monde, à l’agonie mais vivant ; meurt maintenant, une logique de la matière. Les pylônes, les technologies, ce monde primal disparaît derrière les bâtisses d’un langage, derrière une abstraction matérielle, achevé par la raison, par les forteresses, achevé par-tout. Tout ce qui souffrait vivait, désormais tout ce qui vit meurt.

Et l’ancien monde s’évanouit, notre monde interne s’enterre sous les grésillements d’une technologie enragée, d’un progrès conquérant.



Chronique par Robin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Menu