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HELLFEST 2022 : Le Live Report du 2e week end.

HELLFEST 2022 : Le Live Report du 2e week end.

Reaper666

17 mai 2022

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Hellfest 2022

 

 

3 ans, il aura fallu attendre 3 longues années afin de pouvoir regagner le paradis sur Terre, un temps interminable mais qui en valait la peine. 2 week-ends de folie avec un nombre de groupes impressionnants et une envie irrésistible de participer à la fête.
Au fur et à mesure que la date de départ approche, l’excitation monte. Les images sur les réseaux sociaux et les lives en streaming du premier week-end font envie, on donnerait tout pour être là aussi, l’intensité est palpable et finalement on ne pense quasiment qu’à ça. Le jour J arrive.
Ce mercredi 22 juin, nous partons donc en terres clissonnaises afin de communier ensemble à la messe du Metal. Récupération du bracelet, passage par le Metal Corner, rencontres avec les voisins de camping à coup de houblons, pour finir par une nuit assez calme au White Camp. Nous attaquons dès le lendemain les concerts sous de bons auspices.

 

Jeudi 23 juin.

 

Le jour se lève en ce jeudi 23 juin. On démarre par un passage au Hellcity Square et au Metal Market pour les emplettes avant le grand moment du début d’après-midi : l’arrivée devant la cathédrale et nos pas foulant la Terre Sacrée.
Qu’il est bon de se retrouver dans cet endroit de nouveau, c’est assez inexplicable mais nous débordons de joie !
Récupération de Merch officiel du festival et on se dirige vers la MainStage 1 pour PHIL CAMPBELL AND THE BASTARDS SON. Quoi de mieux que de voir le guitariste emblématique de MOTORHEAD sur scène avec ses enfants pour se chauffer ?
Et quel plaisir de réentendre les Damage Case, Iron Fist, Born To Raise Hell ou Killed By Death.
La foule trépigne davantage pour la triplette Ace Of Spades / Bomber / Overkill qui nous ravit tous. Certes le chanteur est très loin d’avoir la même voix que le regretté Lemmy mais on ne lui en tiendra pas rigueur au vu du bon moment passé.
Puisqu’on parle de Lemmy, on se doit d’aller voir de plus près sa nouvelle statue, réalisée par la sculptrice Caroline Brisset (qui a travaillé entre autres avec les Machines de l’Ile à Nantes), tout en métal et qui trône toujours devant l’entrée de la Warzone. Un lieu de pèlerinage et de recueillement indispensable pour tout fan de Metal. Impressionnant.

 

Nous revenons sans tarder vers la MainStage 2 afin de se placer stratégiquement pour la suite. On se retrouve alors bien placé pour assister au show de STEVE VAI et la surprise est de taille. Pensant assister à une démonstration de vitesse sur le manche, c’est tout le contraire qui se produira. Tout en nuances et en mélodies, c’est un Steve Vai presque intimiste qui se dresse devant nous. Morceaux funk pour certains et bluesy pour d’autres, entièrement instrumentaux et parfois même atmosphériques, on se plaît à apprécier le guitar hero.
Là où un Yngwie Malmsteen ou un John Petrucci nous en mettent plein la vue dans un déluge de notes, le propos est ici à l’opposé. Les guitares défilent à chaque chanson et l’univers que déclinent Steve Vai et les excellents musiciens qui l’accompagnent est coloré et nous laissent sur le cul. Après 1h de concert, le maestro remercie longtemps et chaleureusement tout le public à qui il offrira bon nombre de ses médiators. Très bon.

 

Parfois certains miracles se produisent. Votre serviteur a toujours rêvé de ce moment. Quand en 2017, HELLOWEEN annoncent qu’ils font revenir Michael Kiske au chant et Kai Hansen au guitare/chant, nous sommes comblés.
Après avoir visionné le concert du Wacken 2018 environ 30000 fois, nous y sommes enfin. Placés au premier rang, nous attendons nos citrouilles préférées, bouillant de l’intérieur. Le rideau tombe, l’intro de Keepers Of The Seven Keys Pt 2 se fait entendre, on y est. Et lorsque Eagle Fly Free démarre, le bonheur est à son paroxysme, les larmes de joie coulent et la voix défaille dès le premier refrain. Le son est parfait et les voix de Kai Hansen et Andi Deris sont impeccables. Mais c’est Michael Kiske qui nous laisse surtout sans voix, quelle maîtrise, quelle justesse.
C’est ensuite l’avalanche de hits qui se poursuit : Dr Stein, Best Time, Future World, la ballade A Tale That Wasn’t Right, Power (seul rescapé de l’ère Andi Deris, excepté celui ci, aucun ne dépasse 1988, autrement dit les 3 premiers albums).
Le summum du summum vient quand Kai Hansen prend le micro lead et entame un medley de Walls Of Jericho : Metal Invaders / Victim Of Fate / Gorgar et fini sur le mythique Ride The Sky. De la folie ! On monte d’un cran ? Heavy Metal Is The Law. L’apothéose ? How Many Tears. Les larmes de joie et les émotions prennent le dessus et nous voilà en transe.
On redescend doucement avec Power, chanté en duo avec Michael Kiske accompagné de belles harmonies. Superbe.
Le groupe s’en va déjà mais revient quelques instants après pour entamer 10 minutes de I Want Out, avec un lâché de ballons et de citrouilles géantes. On aurait bien repris 1h de plus ! Mille fois merci d’avoir donné ce concert qui restera assurément une des meilleures prestations de notre vie.

 

Les 20 mn de bousculade pour atteindre l’Altar, nous feront arriver à la toute fin de Communion, ainsi qu’à Anubis et Dark Art de SEPTICFLESH.
Et la, surprise, comme pour le concert de Mexico avec l’orchestre, Sotiris Vayenas (le monsieur qui fait tous les chant clairs sur albums, certaines parties de guitares et directeur de banque) est présent sur scène. C’est Brutal mais tellement bon !
Après tant de péripéties, il est temps de regagner notre tente car les 3 prochains jours s’annoncent hardcores.

 

Vendredi 24 juin.

 

Dés 10h, nous voilà prêts à attaquer cette journée qui nous enchante déjà. C’est avec le groupe français DISCONNECTED sur la Mainstage 2 que nous ouvrons les hostilités. Le groupe officie dans le Metal Moderne teinté de néo, pas vraiment notre came donc, mais la prestation live s’avère plaisante. Car il est toujours intéressant de sortir un peu de sa zone de confort avec la possibilité de découvrir des groupes de qualités.

 

Après s’être rapidement restauré, on se place dans le pit pour les copains thrasheurs de Barcelone, l’étoile montante du moment : CRISIX.
Après la tournée Hellfest avec Tagada Jones et pas moins de 18 dates françaises, les barcelonais commencent à se faire une place de choix dans l’univers du thrash grâce à des prestations scéniques furieuses et des albums qualitatifs. Il en sera de même aujourd’hui malgré des impondérables : Javi, leur batteur historique, a chopé le covid 2 jours avant et se voit donc dans l’incapacité de jouer ce soir.
Mais il en faut plus pour démotiver les espagnols : grâce au batteur de Gama Bomb et celui de Tagada Jones, le taf sera fait. La MainStage bien remplie savourera pleinement ces 40 minutes de thrash intense. Le tempo est soutenu, les titres s’enchaînent non stop, ça moshe déjà sévère dans le pit. Puis vient le temps du classique Medley avec changement d’instruments pour Hit The Light / Walk / Antisocial, chanté en boucle par une foule en délire. On finit en beauté avec le single World Needs Mosh et Ultra Thrash, qui, comme d’habitude, fait descendre dans la foule les 2 guitaristes Busi et Albert qui joueront la fin du morceau en plein milieu du Circle Pit. Un moment épique. Crisix a encore marqué des points aujourd’hui et c’est que du bonheur.

 

Changement total d’ambiance à la Temple : GAEREA qu’on catégoriserait dans black metal capuches, s’inscrivant dans un style similaire à celui de UADA, des passages rappelant du MGLA ou des derniers albums de BEHEMOTH.
Très prenant, les portugais ne se ménagent pas à l’image de leur chanteur Guilherme Henriques, arpentant la scène dans tous les sens. Rien d’original me direz vous mais un moment très plaisant qui nous donne envie de les revoir lors de la tournée de GAAHLS WYRD à la rentrée.

 

Après un peu temps de repos, nous allons voir le début de SKELETAL REMAINS, mais après 10 minutes de show death old school qui s’annonçait sympathique, nous sommes prévenu à la dernière minutes que Mille Petrozza et Frédéric Leclercq (que nous avons rencontré à maintes reprises ces dernières années) donnent une séance de dédicaces au stand de guitares ESP au Hellcity Square. Impossible de louper cette opportunité !
Après cette incroyable rencontre avec le maître du Thrash allemand en personne et redescendu de notre petit nuage, nous passons devant la Temple où se joue le début du set de WITCHERY. Le son n’est vraiment pas terrible (et apparemment? ne s’améliorera pas, donc aucun regret) alors nous partons nous remplir l’estomac avant de revenir à la MainStage 2.

 

Beaucoup de monde attend le groupe suivant et ça fait plaisir de voir que le Power Metal a encore de beaux jours devant lui : DRAGONFORCE arrive. Toujours le même décor de scène avec ce dragon en métal et ces deux bornes d’arcades géantes sur lesquelles les musiciens peuvent grimper. Bien accroché à la barrière du premier rang, c’est parti avec le titre HIghway To Oblivion, issu du dernier album Extreme Power Metal. Les slammeurs sont nombreux, les paroles sont scandées à tout va, l’ambiance est juste dingue, Fury Of The Storm et Valley Of The Damned provoquent des frissons à votre serviteur.
Mais avant l’invocation suprême de Through The Fire And Flames, les britanniques entament My Heart Will Go On, une cover super speed du tube de Céline Dion pour le film Titanic, qui voit le public hurler toute ses cordes vocales. Ainsi qu’un moment épique : on voit souvent Herman Li utiliser son trick personnel qui consiste à finir un solo en soulevant sa guitare devant lui vers le haut avec le vibrato et la lâcher d’un seul coup pour y donner un coup de genou. Manque de bol, vers la fin du morceau, et à la fin d’un solo, cette dernière se casse au niveau du neck, laissant corps et manche de part et d’autre de la scène, tenant juste par les cordes. Voir une PRS custom à 30k$ partir en fumée, ça fait mal au cœur. Mais on aura bien rigolé. Toujours aussi fan, même 20 ans après leurs débuts.

 

Maintenant que l’entrée est avalée, passons au plat de résistance. On reste au même endroit, bien accroché à notre barrière pour le Thrash avec KREATOR.
Et vu le nombre de gens qui s’agglomèrent devant la MainStage, on est rassuré que les allemands soient toujours aussi populaires. Mur de Marshall, corps empalés sur des piques, backdrops différents pour chaque morceau, ça annonce la couleur.
19h15, l’intro de Violent Revolution se fait entendre dans la sono et enfin le groupe débarque pour le jouer en entier.
Et quelle puissance ! Le son est parfait et le headbang commence. Suivi par Hate Uber Alles, morceau éponyme du dernier album, l’intensité augmente. Les cheveux se secouent et tournent dans tous les sens, le flux de slammeurs est soutenu.
L’arrivée de Frédéric Leclercq à la basse a clairement donné un coup de boost au groupe, et ça se ressent sur scène. Pas un pain, pas une note de travers, tout file droit. Et c’est pléthore de morceaux fantastiques qui se succèdent : Phobia – Phantom Antichrist – Satan Is Real – Hordes Of Chaos etc.
Quelques pépites plus rares sont jouées comme Awakening Of The Gods, plus joué depuis des lustres ou le mythique People Of The Lie, qui nous fait littéralement péter les plombs. Le single Strongest Of The Strong sera un live première ce soir, puis Mille s’en va et revient 1 minute après avec le Flag Of Hate à la main et hurle son traditionnel « It’s Time To Raise The Flag Of Hate » annonçant la violence du morceau.
Le larsen se fait entendre et Mille reprend le micro : « Hellfest, are you ready to kill ? » Quoi ? C’est déjà la fin ? Nous jetons nos dernières forces et le peu du reste de notre voix sur l’infernal Pleasure To Kill qui nous fera monter les larmes (et accessoirement apparaître sur l’écran géant pendant le pont du morceau). Merci beaucoup d’exister. 14e fois, 14e boucherie. Dans le top 3 des meilleurs concerts du festival, l’objectivité, hein.

 

Difficile de redescendre après l’émeute qu’on vient de se prendre en pleine poire, on reprend un peu de forces et on retourne à l’Altar en entendant MARDUK de loin mais on attend surtout DEEDS OF FLESH, groupe déjà vu au Havana Café en 2006 avec MONSTROSITY et VILE, mais qui se fait très rare de ce côté de l’Atlantique.
Et en matière de death tech, on est clairement en Premier League aux côtés de NECROPHAGYST.
Ça mouline dans tous les sens, contretemps, mesures asymétriques, solos d’un autre temps, rythmes rapides et blast beats récurrents. Tous les ingrédients sont réunis pour tout fan de brutal tech death. Excellent !

 

La fatigue commence à se faire sentir en ce milieu de nuit. On regarde le running order et on réalise que Megadeth joue dans 30 minutes. D’un seul coup et sans aucune explication, un deuxième souffle se fait sentir et la fatigue s’en va. De ce fait, retour à la MainStage 2.
Et alors que NINE INCH NAILS finit son set sur la 1, MEGADETH déboule direct sur Hangar 18. Ou comment se mettre tout le monde dans la poche en un claquement de doigts. Et quelle claque ! Si la prestation de 2018 n’étant pas restée dans les annales, celle ci vaut clairement le détour : ça joue à mort (en même temps, avec Lomenzo/Loureiro/Verbeuren, quel Line Up), le son est juste parfait, Dave Mustaine est en voix (incroyable après ce qu’il lui ai arrivé il y a 2 ans) et la setlist est juste démentielle, Bref c’est le jour et la nuit quand on compare les deux prestations.
Mention spéciale à A Tout Le Monde, avec le refrain repris par toute l’assemblée. Quand à la triplette finale Symphony Of Destruction / Peace Sells / Holy Wars, c’est carrément le délire total dans la foule. Le maestro a remis tout le monde d’accord et ça, c’est tout ce qui compte. Il continue de saluer le public pendant 10 bonnes minutes et n’a clairement pas envie de quitter la scène. Merci à vous, Mr Mustaine.

Cette fois, il est vraiment temps d’aller dormir, car le samedi s’annonce encore velu..

 

Samedi 25 juin.

 

Après un soleil omniprésent, les nuages gris apparaissent en ce samedi matin plus frais. Et la musique se fera plus douce aujourd’hui, sous le signe du Heavy Metal (à 2 exceptions près quand même).
C’est donc MANIGANCE qui ouvre le bal aujourd’hui, pas vu sur scène depuis environ 2004/2005, c’est une nouvelle formation que François Merle, guitariste originel du groupe. S’étant éloigné du power metal d’origine pour aller vers un heavy metal plus facile à écouter, le groupe cherche aujourd’hui un renouveau de son public et l’arrivée récente de la chanteuse Carine Pinto n’y est pas pour rien.
En revanche, un poil déçu de pas avoir de vieux morceaux sur scène mais on espère les revoir en salle avec un set bien plus long.

 

Un rafraîchissement rapide et d’un seul coup, le parterre de la MainStage 2 se remplit. En effet, GLORYHAMMER est sur le point de débarquer. Les anglais ayant pas mal tourné ces dernières années, le public sait lui rendre la pareille.
Première fois donc pour le nouveau chanteur, Angus Mc Fife V, ancien HELLION PRIME, attendu au tournant. Ayant déjà entendu le nouveau single Fly Away, on ne peut nier le talent de ce dernier, tant il paraît mener le groupe et la scène depuis toujours. Et quelle voix.
Pour le reste, la joie règne partout, des slams sur des licornes gonflables, les circles pits énormes et les refrains de Hootsforce et Universe On Fire sont hurlés par une foule survoltée. Toujours un plaisir immense de revoir les anglais sur scène.

 

Groupe invité de dernière minute, NIGHTMARE investit la MainStage 2 en ce début d’après-midi, afin de présenter lui aussi sa nouvelle chanteuse, Madie. Délaissant le côté heavy traditionnel après le départ des frères Amore, c’est désormais un Heavy tantôt power tantôt thrash qui est le sujet maintenant, l’arrivée il y a quelques années de Matt n’y est pas pour rien.
Gros son, musiciens ravis d’être là, et ce malgré un foule moins pleine que pour le concert précédent, le heavy metal français à quand même encore de beaux jours devant lui.
Quand à Madie, elle sublime tant elle est semble ravie d’être sur scène : « un rêve qui se réalise de jouer ici » dit elle, et bien qu’une pluie fine s’abat sur Clisson, elle donne tout ce qu’elle a, tant au niveau voix que dans le show. Un super concert.

 

Un peu de repos et après s’être rempli la panse, on se place à l’Altar pour le concert suivant : FLESHGOD APOCALYPSE. Notre dernier des italiens datant de 2016 en ce même lieu, on a très hâte de voir la nouvelle formation avec le retour de Francesco Paoli au chant et délaissant la batterie au nouveau venu, le monstre Eugene Ryabchenko (qui a déjà joué avec BELPHEGOR et VITAL REMAINS, entre autres).
Et sans s’y attendre, c’est l’intro de The Violation qu’on entend dans la sono, suivi par le morceau en question.
On est direct emballé. Quelle violence, c’est brutal mais tellement énorme. Le tempo ne ralentira pas beaucoup (No, Sugar, Cold As Perfection…) pendant les 50 minutes qui leurs sont allouées.
La dimension symphonique des morceaux et du death metal des romains a clairement été amplifiée, tout est plus grandiose. La doublette finale avec le bourrin The Fool / The Forsaken plus mid tempo en atteste. Sans doute un des meilleurs concerts du week-end.

Alors qu’AIRBOURNE retourne la MainStage 1, nous restons à l’Altar pour un groupe qui se fait très rare dans nos territoires, qui plus est dans un style qui l’est encore plus, on parle bien de Doom/Death et son représentant le plus iconique : DRACONIAN.
Se produisant pour une des dernières fois avec la chanteuse de long date Heike, c’est donc un petit événement en soi auquel on assiste. C’est lourd, très lent, mais le mariage growl et le chant féminin se fait de manière si harmonieuse que ça en devient transcendant.
Que dire, c’est juste magnifique, on se laisse emporter devant une telle poésie, des morceaux qui dépassent les 6/7 minutes la plupart du temps.

 

Retour à la Temple pour le Black Metal Folklorique avec les finlandais de MOONSORROW. N’étant pas le groupe qui tourne le plus ces derniers temps (avec quelques annulations malheureusement), on profite vraiment de leur présence aujourd’hui.
Une heure de set mais seulement 4 morceaux de plus de 12 minutes, épiques à souhait. Avec quelques similitudes avec FINNTROLL (Henry Sorvali aka Trollhorn compose entièrement pour les deux groupes) mais en beaucoup plus Black, on est transporté au fin fond des forêts finlandaises enneigées, loin de tout. Passages très atmosphériques blindés de nappes de claviers et blast beats sauvages, riffs en trémolo à d’autres moments, on ne peut que succomber face à tant de beauté. Superbe.

 

Pour clôturer ce samedi soir, quoi de mieux avec ce qui se fait de mieux en matière de Heavy/Power allemand avec BLIND GUARDIAN.
Alors certes il est minuit passé, Axl Rose finit ses cordes vocales sur Paradise City, il n’y a pas foule devant la MainStage 2, mais c’est correctement rempli.
Et petit élément notable : pour fêter les 20 ans de l’album Somewhere Far Beyond, celui-ci sera joué dans son intégralité, ce qui ravira les fans old school du combo outre Rhin.
Into The Storm sera jouée en premier ainsi que Nightfall (du même album) puis le speed Welcome To Dying qui commencent à chauffer l’assistance.
Et commence Time What Is Time suivi par Journey Through The Dark, un régal total, ainsi que sur The Quest Of Talenorn ou Black Chamber montrant un visage plus mélodique.
Mais le point d’orgue sera The Bard Song, un moment extraordinaire, Hansi Kursch n’aura même pas besoin d’utiliser son micro car le public se charge de chanter tout le morceau (étonnant d’ailleurs, on aurait cru que ça se passait juste en Allemagne ou en Espagne, le groupe étant 666 fois populaire la bas). On a les larmes aux yeux et d’intenses frissons tant on savoure le moment. Puis viennent les traditionnels rappels, Mirror Mirror et enfin Valhalla repris à cappella par le public pendant dix bonnes minutes. Fabuleux.
Après cette épopée fantastique dans le Gondor, il est temps de regagner le White Camp afin de se préparer pour le dernier jour.

 

Dimanche 26 juin.

 

Voilà qui s’annonce la journée la plus chargée. Et on commence avec le death metal old school belge avec CARNATION. A 11h du matin, c’est clair que ça réveille.
Inspiré directement de ses pairs comme ASPHYX ou DISMEMBER, les amateurs comme votre serviteur de la pédale Boss HM-2 sont hypés.
Découvert il y a 5 ans au Summer Breeze en Allemagne, le propos n’a absolument pas changé. Ça riffe comme une tronçonneuse, growls caverneux, le chanteur a la gueule blindée de sang, presque pas de blast beats mais beaucoup de tupatupa; bref que du bonheur pendant 30 minutes, pas besoin de café pour se mettre en route.

 

Passage unique de la journée à la MainStage 1, où on constate que le Snakepit est déjà monté et que beaucoup de monde à l’heure du déjeuner est déjà posé sur les barrières pour la tête d’affiche du soir. Mais nous n’en sommes pas là. Si on vient maintenant c’est pour accueillir comme il se doit nos copains espagnols d’ANGELUS APATRIDA.
Appelé à la dernière minute en remplacement, le quatuor d’Albacete vient présenter son thrash furieux au public du Hellfest. Très heureux de les revoir, on ne peut s’empêcher de secouer notre carcasse dans le pit et hurler toutes les chansons comme Of Men And Tyrants ou Sharpen The Guillotine. Et malgré une poignée de fans qui s’arrachent et le groupe qui donne tout et réalise un rêve de jouer ici, le public présent aux barrières semble passif (ça sera le cas pour tous les groupes qui joueront jusqu’à la tête d’affiche, pas étonnant de leur part) et même si You Are Next nous achève, c’est un sentiment partagé qui nous envahit. Le groupe aurait mérité plus de soutien, vu la population impressionnante devant la scène.

 

Pour se remettre de cet épisode, un peu de Black N’ Roll à la Temple avec les américains de MIDNIGHT nous fera le plus grand bien.
A la limite du punk et très inspiré MOTORHEAD, le trio ne se ménage pas. Les riffs sont rapides, les chansons durent trois minutes maxi, les mecs et le public sautent partout, le bassiste et le guitariste s’époumonent en hurlant avec leurs screams plein de rage. Une vraie bouffée d’air frais pour le trio de Cleveland.

 

On revient à l’Altar pour les anciens du Death Metal : MEMORIAM. Pour les gens n’ayant pas pu voir BOLT THROWER sur scène, Karl Willletts et ses sbires (dont 2 anciens Benediction) active le mode rouleau compresseur avec la British quality, of course. C’est lourd et très mid tempo dans l’esprit, très peu de mélodies mais du gras qui dégouline de partout. Seulement 9 morceaux mais du vrai death metal à l’ancienne de très bonne facture.

 

On reste à l’Altar, on attrape la barrière au milieu et on est prêt pour le Thrash allemand avec les vétérans de DESTRUCTION. Comme dit dans la chronique du dernier album, le retour d’un deuxième guitariste plus jeune a clairement donné un second souffle au groupe (à l’instar de Kreator) et même un retour au premier plan. On a donc très hâte de voir ça. Les lumières s’éteignent et l’intro arrive. Curse The Gods nous empoigne direct. Quel son d’enfer ! C’est Le Thrash comme on l’adore. Schmier et ses cris aigus sont parfaits, Randy Black maltraite sa caisse claire comme s’il avait 20 ans et les deux gratteux Damir et Martin posent rythmiques sauvages et lead mélodiques magnifiques.
Les hits tels que Mad Butcher, Death Trap ou Live Without Sense se mêlent à la perfection avec les nouveaux morceaux comme State Of Apathy ou Diabolical. Quasiment 40 ans de carrière mais toujours aussi puissant.
Et quand vient l’heure de Bestial Invasion et ses riffs destructeurs, on remercie beaucoup les allemands de continuer à nous servir du thrash de qualité. Respect.

 

Comme pour la reformation de Helloween, il y a des groupes qu’on rêve de voir en live et qui demeure culte dans notre univers. MERCYFUL FATE fait partie de cette catégorie. Une véritable aubaine.
Bien placé au 2e rang à gauche, les danois arrivent enfin. Décor somptueux, son hyper propre et équilibré, c’est une véritable cérémonie macabre mis en scène par le révérend et ultra charismatique King Diamond, très en voix. Avec leur heavy très dark, il règne une aura des plus ténébreuse.
Côté setlist ce sont surtout les 2 premiers albums qui sont mis à l’honneur, à savoir Melissa et Don’t Break The Oath, mais comment ne pas résister à des titres comme Evil ou Come To The Sabbath, repris en chœur par une Temple bien remplie. Un concert indispensable, les absents ont eu tort mais tant mieux pour nous.

 

Vient maintenant le moment clé de ce festival et attendu par 80% des gens présents aujourd’hui. (d’ailleurs, le site est encore plus blindé que d’habitude, les touristes ont envahit l’endroit), nous n’irons pas voir Metallica pour 3 raisons : comme dit précédemment, une masse de spectateurs restent posté devant la MainStage, donc impossible de s’approcher pour voir correctement sous peine de se faire engueuler par le fan club entassé aux premiers rangs. Ensuite, nous les avons déjà vus 3 fois. Et enfin, la présence de CARCASS et TRIPTYKON qui passent en même temps nous conforte dans notre choix. Nous restons donc à l’Altar pour le death metal britannique de Liverpool : CARCASS.
Et là, pas le temps de niaiser, on rentre direct dans le vif avec le bourrin Exhume To Consume suivi par le mélodique Buried Dreams du fantastique Heartwork. Génial. Piochant dans toute la disco, c’est un véritable plaisir de réentendre ces tubes comme Genital Grinder, This Mortal Coil ou Corporal Jigsore Quandary et son intro de batterie légendaire.
Et quand ces derniers finissent sur le morceau éponyme Heartwork, on atteste que les anglais restent des maîtres en matière de death mélodique. On a très hâte de les revoir à la rentrée avec ARCH ENEMY et BEHEMOTH. Tuerie.

 

Devant un parterre encore plus clairsemé, TRIPTYKON prend les rênes de la Temple. Et quand quelques jours avant, ces derniers ont annoncé qu’ils allaient jouer beaucoup des titres de CELTIC FROST, on est juste ravi. On se place donc tranquillement à la barrière pour le dernier concert de ce week-end et c’est naturellement Procreation Of The Wicked qui est lancé d’entrée. Puis viennent les Circle Of The Tyrant ou les Dethroned Emperor et ses célèbres UGH, hurlé par un Tom G Warrior plus bavard que d’habitude. Mais TRIPTYKON n’est pas oublié, fort heureusement : Boleskine House et son côté Black Metal, le doom pachydermique de Altar Of Deceit et Abyss Within My Soul, tout y passe, ainsi que nos cheveux et nos cou dans lesquels on jette nos dernières forces. Extraordinaire. Merci les Suisses d’être toujours là même 40 ans après.

 

Conclusion.

 

Honnêtement, revenir dans cet endroit procure juste des sentiments très forts, et même si le contexte du dimanche fait qu’on a eu du mal à circuler, on s’est régalé que ce soit en MainStages ou sous les tentes, avec un son globalement bon, et on reviendra assurément l’an prochain, car comme le veut l’adage : Quand on a goûté aux joies des festivals, on ne peut plus s’en passer. KREATOR et HELLOWEEN sont les grands vainqueurs de cette édition. We’ll be back.

Par Romain Reaper

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