Du 27 au 29 mai 2022 Metronum | Cinéma Utopia

28 & 29 MAI


METRONUM

YOANN PENARD

« Aux confins de la sculpture contemporaine, Yoann Penard a croqué un univers dont il semble connaître avec infiniment de précisions tous les rouages ?

Surgissent du néant des créatures
vaguement humaines sur lesquelles le sort semble s’acharner, des êtres broyés par quelque cataclysme intérieur et dont il ne reste qu’un long cri muet, des êtres gémissants, blessés, des êtres opprimés par un inéluctable destin, une épouvantable terreur. Yoann Penard n’y vas pas de main morte, il balance en pleine face un monde en trois dimensions et milles imbrications, plongée dans
un futur dévasté, sorte d’atmosphère à la Mad Max, un monde qui est dans le même temps le reflet de nos propres angoisses, de notre propre folie.
[L’artiste] nous donne à voir toutes les facettes de son talent et de son imagination au travers d’objets hétéroclites et baroques : de drôles d’engins, des caravelles de temps ignorés, des barques coutumières des eaux sombres du Styx.
Et puis des sortes de totems, fétiches issus de civilisations barbares, reliques sauvées de l’oubli
par quelque fouille archéologique et dont on imagine qu’elles servaient à vénérer tel dieu tutélaire, telle déesse aux mœurs insatiables.

[…] Et puis comble de l’ironie ces œuvres ont toutes en elles, comme chevillées au corps, l’humour et la dérision.
Ici le tragique côtoie le cocasse, et ça fait des étincelles, ça met le feu aux poudres, ça vous enflamme
l’esprit !

Oyez bonnes gens, l’œuvre qui vous est présentée ici mérite autre chose qu’un regard furtif ! […]
Fasciné par les cultes mortuaires, les arts premiers, l’histoire et l’archéologie, Yoann Penard projette
un univers qui renvoi aux angoisses immémoriales de l’homme. Ses sculptures réalisés en polymère
acrylique sur lequel il agglomère divers matériaux (métal, bois, tissus, cordes, racines, œuf d’autruche…) sont l’expression des différents visages que peut prendre l’oppression. L’exploitation
de l’homme par l’homme, sempiternelle litanie.
Yoann Penard appuie là ou ça fait mal et ce n’est pas là sont moindre mérite. Que l’on s’attarde donc
sur ses savoureux mélanges de matières et qu’on y voie l’atmosphère qui en émane. On aura ainsi une idée assez précise de ce que réclame d’exigence, d’inventivité et de souci de détail le travail d’un jeune sculpteur d’aujourd’hui. »

Texte de Ludovic Duhamel – Redacteur en chef du Miroir de L’Art. Extrait du catalogue de l’exposition Galerie Daniel Duchoze, 2010

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